Hervé Vilard : pourquoi il a dû fuir en Amérique latine après avoir révélé son homosexualité

En 1967, Hervé Vilard prend une décision qui va bouleverser sa carrière. Invité en direct sur France Inter au micro de Jacques Chancel, le chanteur répond sans détour à une question. Lorsqu’on lui demande comment s’appelle sa petite amie, il répond simplement : “Robert”. Dans une France encore conservatrice, cette révélation publique de son homosexualité provoque des réactions hostiles.

Plus d’un demi-siècle plus tard, l’artiste est revenu sur cet épisode le 23 septembre 2026 dans C à vous. La chroniqueuse lui rappelle alors que beaucoup avaient considéré cette prise de parole comme une rupture avec les codes de l’époque. Hervé Vilard confirme que les conséquences ont été rapides. “Oui, ils m’ont fait la gueule après. Ça a déconné un peu. Mais j’avais donc… C’est comme ça. Vous savez, le succès condamne, quelque part”. À la question de savoir s’il s’agissait d’homophobie, le chanteur préfère parler autrement. “Non, non, non, c’était pas de l’homophobie. C’était de la bêtise”, répond-il. Cette “bêtise”, comme il la décrit aujourd’hui, a pourtant eu un effet très concret sur son travail.

Après avoir fait son coming out, Hervé Vilard a préféré partir à l’étranger où il a trouvé la célébrité

Hervé Vilard raconte qu’il n’était alors plus question pour lui de participer aux émissions françaises. C’est précisément ce qui l’a poussé à partir : “Je suis parti à l’étranger justement parce qu’ici il n’était pas question de faire des émissions. Donc je me suis tiré en Amérique latine où j’avais beaucoup de succès”. Loin de mettre fin à sa carrière, cet exil lui ouvre finalement une nouvelle voie professionnelle.

En Amérique latine, Hervé Vilard, qui vit maintenant en Bretagne, connaît une autre forme de succès et affirme y avoir réellement appris son métier : “Et là j’ai fait une autre carrière, j’ai appris mon métier là-bas. En 67, je ne connaissais pas grand-chose, j’avais joué un peu”. Pour lui, cette période est marquée par une relation forte avec les musiciens qui l’entourent. “Mais moi, ce qui comptait, c’était mes musiciens. Ce qui compte encore aujourd’hui, pour moi, c’est vivre avec les musiciens. Je vis avec les musiciens”. 

“C’était un petit incident”

Avec le recul, Hervé Vilard minimise pourtant l’importance de l’épisode : “Et donc, ça c’était un petit incident, mais vous savez, on dit des choses graves, mais ce n’était pas très grave”. Il reconnaît cependant que certains mots prononcés à son égard avaient été durs. Selon lui, beaucoup ne comprenaient pas ce que pouvait être une relation amoureuse entre deux hommes : “Sauf que certains ont employé des mots qui étaient un peu durs à mon égard, parce qu’ils ne savaient pas ce qu’était… L’amour de deux hommes, ils ne connaissaient pas”.

Le chanteur précise toutefois qu’il distingue ces réactions de celles du public. “Ça n’a pas pris tellement d’importance. Je parle du public“, souligne-t-il. Son départ pour l’Amérique latine, vécu au départ comme une conséquence directe de sa révélation, s’est donc transformé en nouvelle étape artistique. Alors que beaucoup pensaient sa carrière terminée, Hervé Vilard a trouvé ailleurs un public, une scène et une manière d’apprendre son métier. Une fuite imposée par les circonstances, mais qui a finalement contribué à construire une autre partie de son parcours.

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