Mort d’Emile au Vernet : où en est l’enquête sur la disparition du petit garçon alors qu’une nouvelle théorie fait son apparition ?

La mort d’Émile au Vernet continue de hanter les Français. Plus de trois ans après la disparition du petit Émile Soleil, 2 ans et demi, au hameau du Haut-Vernet (Alpes-de-Haute-Provence), l’enquête reste ouverte et semée de zones d’ombre. Un livre signé Peggy Poletto vient d’ajouter une nouvelle pièce au puzzle : la piste d’un coup de sabot de cheval, qui reste à ce stade une hypothèse journalistique.

Les faits, eux, sont connus. Le 8 juillet 2023, l’enfant s’est volatilisé alors qu’il jouait près de la maison de ses grands-parents. Le 30 mars 2024, une randonneuse a découvert son crâne et des vêtements à environ 1,7 km du hameau, sur un sentier difficile d’accès pour un tout-petit. Les expertises ont mis en évidence un violent traumatisme facial, et les enquêteurs estiment que le corps a été déplacé par un tiers.

Mort d’Émile au Vernet : ce que l’enquête a déjà établi

Selon Peggy Poletto, qui s’appuie sur le rapport médico-légal, la lésion au crâne d’Émile “Elle est décrite comme étant incompatible avec une chute accidentelle ou une collision avec un véhicule“, et elle évoque un “choc violent d’une nature encore indéterminée“. Ces éléments confortent l’idée d’un événement brutal, difficile à concilier avec une simple fugue ou une mauvaise chute à proximité de la maison familiale.

La journaliste rappelle aussi que l’origine du décès a été qualifiée de “violent traumatisme facial“. Les investigations ont montré que le lieu où le crâne et les habits ont été retrouvés ne pouvait probablement pas être atteint seul par un enfant de cet âge. Les scientifiques évoquent un corps ayant séjourné dans au moins un autre endroit avant d’être déposé sur ce sentier, ce qui alimente la thèse d’une intervention humaine et d’une dissimulation.

Affaire Émile Soleil : comment la piste du cheval est née

Dans son ouvrage Émile Soleil, le silence et le bruit, Peggy Poletto s’attarde sur un détail longtemps resté en arrière-plan : les chevaux de Philippe Vedovini, le grand-père. Elle écrit : “Les Vedovini possèdent un enclos autour duquel ils s’affairaient le jour de la disparition, ainsi qu’une remorque à cheval qui a été saisie à La Bouilladisse et inspectée lors de la garde à vue des grands-parents, avant qu’elle leur soit rendue“. Ce décor équestre était présent au moment du drame.

La journaliste imagine alors un scénario accidentel : Émile aurait échappé à la vigilance des adultes, se serait approché des chevaux et aurait reçu un coup de sabot mortel au visage. Le corps aurait ensuite été découvert par un témoin pris de peur. “Et peut-être, ensuite, la panique de quelqu’un qui ne sait que faire“, résume Peggy Poletto, citée par un magazine. Tout en ajoutant : “Ce n’est pas une certitude, c’est une piste”.

Théorie du cheval et enquête officielle : ce que l’on sait vraiment

Pour l’instant, les gendarmes et la justice n’ont pas confirmé cette hypothèse de l’accident de cheval. Aucune preuve médico-légale ne relie directement les blessures d’Émile à un sabot, et rien ne permet d’affirmer que le petit garçon se soit approché des animaux le 8 juillet 2023. La remorque à chevaux saisie à La Bouilladisse a été expertisée puis restituée, sans poursuites à ce stade.

En parallèle, les analyses génétiques ont mis au jour au moins deux traces d’ADN inconnues sur les vêtements de l’enfant. L’ADN d’une centaine de personnes, dont des habitants du Haut-Vernet et des proches, a été prélevé, sans correspondance à ce jour. Entre cette énigme scientifique, un corps probablement déplacé et une nouvelle théorie qui interpelle, l’affaire Émile Soleil reste loin d’être éclaircie, et l’instruction se poursuit.

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