Ce mercredi 16 septembre, l’affaire visant Patrick Bruel connaît un tournant important. La cour d’appel de Versailles doit dire si le chanteur, visé par de nombreuses accusations de violences sexuelles, pourra continuer à voyager librement à l’étranger ou s’il sera à nouveau contraint de rester en France sous un contrôle strict.
Le rendez-vous ne tranche pas sur une éventuelle culpabilité mais sur l’ampleur de son contrôle judiciaire, qui encadre sa liberté depuis sa mise en cause en juin 2026. Mis en cause par plusieurs dizaines de femmes, le comédien de 67 ans conteste les faits et assure n’avoir “jamais forcé une femme”. Il demeure présumé innocent.
Affaire Patrick Bruel : un contrôle judiciaire sous haute surveillance
Patrick Bruel est mis en examen dans quatre dossiers pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel, à Neuilly-sur-Seine en 2008, Bruxelles en 2010, Perpignan en 2019 et Ajaccio en 2019. Il bénéficie du statut de témoin assisté dans quatre autres procédures, pour des faits présumés à Dinard, L’Isle-sur-la-Sorgue, Neuilly et Nyon. Selon plusieurs médias, il est désormais visé par au moins 31 plaintes pour viols, tentatives de viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel.
Dès la fin de sa garde à vue, le chanteur a été soumis à un contrôle particulièrement encadrant : interdiction de quitter le territoire français avec remise de son passeport au greffe, interdiction de contacter les plaignantes ou leurs proches, de se rendre à leur domicile, et d’aller dans un salon de massage. Il doit aussi suivre des soins psychologiques et a versé une caution de 500 000 euros. Une autorisation de voyager à l’étranger a été accordée cet été, tandis que ces autres obligations sont restées en place.
16 septembre : ce que la cour d’appel de Versailles peut changer pour lui
Cette liberté de mouvement estivale découle d’une mainlevée partielle accordée le 21 juillet par un juge d’instruction, à la demande de ses avocats. Le parquet de Nanterre a immédiatement fait appel, qualifiant cette décision d’”injustifiée” et “excessive“. L’audience pour examiner cet appel s’est tenue le 14 août, avant que la décision ne soit mise en délibéré à ce 16 septembre.
Concrètement, trois issues se dessinent. Si la mainlevée est confirmée, Patrick Bruel pourra continuer à se déplacer hors de France, tout en restant soumis aux autres interdictions. Si l’appel du parquet est suivi, l’interdiction de quitter le territoire sera rétablie, avec à la clé un signal de fermeté très commenté. La cour peut aussi choisir un entre-deux, en autorisant certains déplacements encadrés. Ses avocats soutiennent que leur demande “n’a[vait] aucun caractère exceptionnel ou dérogatoire” et qu’”Il n’y a ici aucun passe-droit d’aucune sorte“.
Carrière en pause et nouvelle bataille autour du secret de l’instruction
Sur le plan professionnel, la décision pèsera sur la suite d’une carrière déjà mise sur pause. Blacklisté de nombreuses radios et émissions, Patrick Bruel a renoncé début septembre à sa tournée des 35 ans, soit 35 dates prévues à l’automne. Sur Instagram, il expliquait que “Cette tournée est devenue l’incarnation d’un débat qui la dépasse” et ajoutait : “J’ai donc pris la décision d’annuler ces concerts“. Une plaignante belge, Karine Viseur, a parlé auprès de l’AFP d’”une obligation” et d’un “soulagement“.
Dans le même temps, l’artiste a déposé le 9 septembre une plainte pour violation du secret de l’instruction, mais aussi pour violation du secret professionnel et recel de violation du secret, visant plusieurs médias accusés d’avoir publié des extraits de ses auditions et des propos qu’il juge déformés. Ce nouvel épisode montre qu’au-delà des déplacements et de la scène, Patrick Bruel joue aussi une partie décisive sur le terrain de l’image et du déroulement de la procédure pénale.