Ce lundi 28 septembre 2026, Brigitte Bardot aurait fêté ses 92 ans. Disparue le 28 décembre 2025 dans sa propriété de La Madrague, à Saint-Tropez, l’actrice continue de faire parler d’elle neuf mois après sa mort. Une passion qui confine parfois à la folie, comme viennent de le démontrer les enchères organisées autour de ses effets personnels.
Le 21 septembre dernier, à l’Hôtel Drouot, à Paris, la maison Millon a dispersé 285 objets ayant appartenu à l’actrice. Des chapeaux de paille, de la vaisselle, des chemises de nuit… Des souvenirs sans grande valeur marchande, à l’exception d’un lot resté gravé dans les mémoires : deux colliers pour chien, adjugés à prix d’or à une acheteuse russe.
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Une vente aux enchères hors normes à l’Hôtel Drouot
Estimé à seulement 50 000 euros au total, l’ensemble des 285 lots a finalement rapporté 953 531 euros, frais compris, selon la maison Millon. Un résultat vingt fois supérieur aux prévisions, qui témoigne de l’attachement toujours intact du public pour l’icône du cinéma français.
Pendant près d’une semaine, environ 15 000 personnes se sont pressées pour admirer l’exposition précédant la vente. Le jour J, une seconde salle a même dû être ouverte à Drouot pour accueillir la foule, tandis que près de 3 000 enchérisseurs, en France comme à l’étranger, s’étaient inscrits pour participer, en salle, par téléphone ou sur internet. Les enchères ont duré près de neuf heures, sans jamais faiblir.
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Provenant de La Madrague, de La Garrigue et de son appartement parisien, la plupart des objets étaient estimés à moins de 100 euros. Brigitte Bardot elle-même avait un surnom pour ces boîtes, réveils, briquets et autres vide-poches accumulés au fil des décennies : ses « merdouilles », précisait le catalogue de la maison Millon.
Les colliers de chien, symbole d’un emballement général
Parmi ces « merdouilles », deux colliers pour chien ont particulièrement enflammé les débats. L’un en cuir, l’autre en tissu rouge, ils portaient des médailles gravées avec les coordonnées de Brigitte Bardot, dont le numéro de téléphone de La Madrague. Très usés, ils étaient estimés entre seulement 30 et 50 euros pour l’ensemble du lot.
Une acheteuse russe en a pourtant décidé autrement. Elle a fini par remporter le lot pour la somme de 7 100 euros, soit plus de cent quarante fois l’estimation la plus haute. Une folle enchère qui a marqué les esprits, même si la presse a d’abord évoqué un montant encore supérieur, autour de 9 400 euros, avant que le site officiel de la vente ne confirme le chiffre définitif, frais inclus.
Cet emballement n’est pas resté isolé. Trois peluches de bébés phoques, estimées 30 euros, sont parties pour près de 2 200 euros, tandis que deux guitares de l’actrice, évaluées entre 300 et 500 euros chacune, ont atteint 8 600 et 11 900 euros. La machine à écrire sur laquelle elle a rédigé ses mémoires a, elle, trouvé preneur à 4 634 euros, et un autoportrait de la star a frôlé les 40 000 euros.
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« Brigitte Bardot aura été, une fois encore, une formidable alchimiste : elle a transformé quelque 50 000 euros d’estimations en près d’un million d’euros frais compris », s’est félicité le commissaire-priseur Alexandre Millon, visiblement lui-même surpris par l’ampleur du phénomène.
D’après la maison Millon, la grande majorité des 285 lots est partie à plus de cent fois son estimation de départ. Un phénomène rare dans le monde des ventes aux enchères, où l’écart entre estimation et prix final dépasse rarement quelques multiples, même pour les objets les plus prisés.
Une vente au cœur de tensions familiales
L’argent récolté doit être partagé entre la Fondation Brigitte Bardot et Nicolas-Jacques Charrier, fils unique de l’actrice. Pour Ghyslaine Calmels, directrice générale de la fondation, cette opération s’inscrit dans une longue histoire : en 1987 déjà, Brigitte Bardot avait elle-même mis aux enchères ses biens les plus précieux pour financer la création de son institution. « Aujourd’hui, son combat se poursuit à travers ces enchères », a-t-elle déclaré à l’AFP.
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Mais cette dispersion n’a pas fait l’unanimité. Bernard d’Ormale, dernier compagnon de Brigitte Bardot, l’a jugée « scandaleuse » dans les colonnes de Var-Matin, affirmant ne pas avoir été informé de la nature exacte des objets concernés. Il dit aujourd’hui vivre dans un logement social à Saint-Tropez, ne pouvant plus résider à La Madrague, propriété de la fondation où il ne se rend désormais que dans la journée, sous surveillance.
La fondation conteste sa version des faits, rappelant que la vente avait été votée en juin par son conseil d’administration, alors présidé par Bernard d’Ormale lui-même. Depuis le 16 septembre, c’est Max Guazzini, ancien patron de NRJ, qui a pris sa succession à la tête de l’institution, où Bernard d’Ormale reste simple administrateur.
Son avocate s’interroge par ailleurs sur les frais engagés pour sa surveillance à La Madrague, qu’elle juge disproportionnés. Une union religieuse célébrée en Norvège en 1992 n’ayant jamais eu de valeur juridique en France, Bernard d’Ormale ne bénéficie d’aucun statut d’époux susceptible de lui garantir un droit sur les biens de celle avec qui il a partagé plus de trente ans.
Un an après sa disparition, Brigitte Bardot continue ainsi, malgré elle, d’attiser les passions et les convoitises, entre records d’enchères inattendus et querelles d’héritage.
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