En croquant une simple huître lors d’un festival en 2013, le futur Charles III n’a pas seulement amusé la galerie. Il a surtout pris le risque assumé d’enfreindre une règle protocolaire très stricte qui déconseille aux membres de la famille royale de toucher aux fruits de mer pendant leurs engagements officiels.
Cette règle, longtemps appliquée sous le règne de la reine Elizabeth II, vise à éviter qu’une intoxication ne vienne clouer au lit un souverain en pleine tournée officielle, voire provoquer une crise diplomatique si le roi tombe malade chez un pays hôte. Or Charles, réputé gourmet, a montré à plusieurs reprises qu’il n’hésitait pas à s’affranchir de cet interdit sur les huîtres.
La règle royale qui bannit les huîtres des engagements de Charles III
Les Windsor sont traditionnellement invités à éviter les coquillages et les viandes crues lors des visites officielles, surtout à l’étranger. L’idée est simple : limiter au maximum le risque d’intoxication alimentaire qui forcerait à annuler des rencontres diplomatiques, des banquets ou des visites d’État préparés depuis des mois. Ces règles alimentaires font partie d’un protocole plus large de sécurité autour du corps du souverain.
Ancien majordome royal, Grant Harrold résume cette prudence en expliquant : “Au moment des repas, la famille royale doit faire attention aux fruits de mer en raison des intoxications possibles, compte tenu de ses emplois du temps“, a-t-il confié à un magazine britannique. Pour le staff, chaque bouchée potentiellement risquée peut se transformer en casse-tête logistique, voire en incident d’image pour la monarchie.
Whitstable 2013 : quand Charles III a brisé la règle des huîtres
Malgré ces avertissements, le alors prince de Galles a créé la surprise au Whitstable Oyster Festival, dans le Kent, en 2013. Devant les caméras, Charles III a accepté une huître fraîche posée sur un lit de glace et l’a avalée sous les applaudissements, tandis que la future reine Camilla lui tendait une serviette. Des sites spécialisés ont souligné qu’en agissant ainsi, il avait clairement outrepassé le protocole qui place les huîtres sur une “royal no-no list” pour raisons sanitaires.
Deux ans plus tard, en 2015, un plateau d’huîtres figurait encore au menu lors d’une visite en Nouvelle-Zélande, où Charles a plaisanté avec un photographe à ce sujet. De quoi nourrir l’image d’un roi épicurien, moins rigide que sa mère face aux règles alimentaires de la famille royale, et prêt à assumer publiquement ces petits écarts.
Entre risques sanitaires et héritage d’Elizabeth II, une potentielle crise majeure
Au-delà de l’anecdote, le risque est bien réel. Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) alerte sur la bactérie Vibrio vulnificus, présente dans certaines huîtres crues : “Environ 1 personne sur 5 atteinte par cette infection meurt, parfois en un jour ou deux après le début de la maladie“, indique l’agence américaine. Un foyer de Salmonella Telekebir lié à des huîtres crues a même été identifié en 2025, avec un taux d’hospitalisation anormalement élevé. Si un tel scénario touchait un souverain en déplacement, l’agenda officiel serait immédiatement bouleversé et la situation très délicate pour le pays hôte.
La reine Elizabeth II, elle, s’en tenait à une ligne beaucoup plus stricte. L’ancien serviteur Charles Oliver rapporte que “les hôtes sont dûment prévenus à l’avance” des aliments qu’elle refuse de voir sur la table. L’ex-chef royal Darren McGrady rappelle que “la reine n’aimait pas l’ail ni les oignons forts, qu’elle considérait comme antisociaux“, quand Camilla a reconnu dans MasterChef Australia : “Je déteste dire ça, mais l’ail. L’ail est interdit.” Entre un protocole façonné pour Elizabeth II et un Charles III plus audacieux, la monarchie britannique doit désormais composer avec un roi qui flirte parfois avec la limite, au risque de transformer un simple plateau de fruits de mer en incident majeur.