Nathalie Péchalat endettée par le patinage ? La réalité financière de son métier passion

Nathalie Péchalat vient de vivre un grand moment d’émotion. Vêtue d’une robe rouge, l’ancienne patineuse a été décorée des insignes de chevalier de l’Ordre national du Mérite, remis en mains propres par Emmanuel Macron au Palais de l’Élysée. Sur Instagram, elle s’est affichée tout sourire aux côtés du couple présidentiel et de Marie-José Pérec, également honorée ce jour-là.

Cette cérémonie a réveillé bien des souvenirs chez l’ex-compagne de Jean Dujardin : les compétitions, les victoires, les blessures, les déceptions, les choix, les doutes. Elle confie avoir été particulièrement touchée par les mots du président. « Vous êtes restée joyeuse », lui aurait-il glissé, avant qu’elle ne réponde avec malice : « Oui chef ».

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Un parcours sportif salué à l’Élysée

Au-delà du protocole, cette distinction met en lumière un chemin parcouru sur plus d’une décennie. Avec son partenaire Fabian Bourzat, Nathalie Péchalat a longtemps incarné la danse sur glace française : doubles champions d’Europe, doubles médaillés de bronze aux Mondiaux, quintuples champions de France. Un palmarès construit à force de sacrifices, loin des paillettes que l’on imagine parfois.

La patineuse n’a d’ailleurs pas manqué de remercier, dans son message, « toutes celles et ceux qui ont fait et font partie de cette histoire ». Une formule qui résume bien la réalité de ce sport : derrière chaque médaille, une équipe entière œuvre dans l’ombre, souvent sans grande visibilité financière.

Ce parcours n’a pourtant rien eu d’un long fleuve tranquille. Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat ont connu plusieurs blessures marquantes, comme cette fracture au nez survenue à quelques semaines des Mondiaux 2012, ou ce forfait aux Européens 2013 à cause d’une déchirure musculaire de son partenaire. Deux participations aux Jeux olympiques, en 2010 puis en 2014, viennent couronner une carrière bâtie sur la persévérance autant que sur le talent.

Car c’est justement cette question de l’argent que Nathalie Péchalat avait abordée sans détour en 2019, lors d’une interview accordée à Canal+ pour promouvoir les 75 ans d’Holiday on Ice, dont elle était la marraine. Un témoignage qui tranche avec l’image glamour du patinage.

Le patinage, un “sport passion” qui coûte cher

Face à la journaliste Isabelle Moreau, qui lui rappelait que les patineurs rejoignant une tournée sont « enfin payés », Nathalie Péchalat n’avait pas hésité à désacraliser sa propre discipline. « Le patinage ne rapporte rien », avait-elle résumé sans détour, qualifiant son ancien métier de « sport passion ».

Selon elle, même les cinq meilleurs patineurs du monde n’arrivent « même pas à gagner de l’argent, mais en tout cas à remettre les compteurs à zéro », compte tenu de tout ce que la discipline coûte. Une réalité largement méconnue du grand public, qui associe souvent les Jeux olympiques à la gloire et à la réussite financière.

Le journaliste Paul de Saint Sernin avait alors résumé la situation avec une formule marquante : on peut « participer aux JO et être déficitaire ». Une phrase à laquelle Nathalie Péchalat avait acquiescé sans détour, précisant que ce déséquilibre touchait « la majorité des sports », et pas seulement le patinage.

Interrogée sur le détail de ces dépenses, l’ancienne championne avait dressé une liste précise. Les entraîneurs et les chorégraphes doivent être rémunérés, tout comme les costumiers ou les intervenants issus de la danse sportive. S’ajoutent les déplacements, les billets d’avion, le logement à l’étranger, le matériel, et surtout les heures de glace, facturées à la patinoire.

Face à toutes ces charges, les revenus restent aléatoires : les patineurs ne touchent que des primes, lorsqu’ils remportent une compétition du Grand Prix, un peu à la manière du tennis. Un système qui laisse peu de marge, et qui explique pourquoi tant d’athlètes de haut niveau terminent leur carrière sans avoir jamais dégagé de réel bénéfice.

Holiday on Ice, le vrai salaire après des années de sacrifices

C’est là que les tournées comme Holiday on Ice changent radicalement la donne. Contrairement aux compétitions, ces spectacles offrent enfin une rémunération stable aux patineurs, après des années d’incertitude financière. « Là, c’est un vrai métier », avait résumé Nathalie Péchalat, presque soulagée.

La journaliste Isabelle Moreau y voyait d’ailleurs l’occasion, pour ces sportifs, de « rentabiliser un peu quand même des années de sacrifices et d’efforts ». Une reconversion vécue comme une juste récompense après tant d’heures de glace payées de leur poche.

Depuis sa retraite sportive en 2014, Nathalie Péchalat a d’ailleurs multiplié les activités rémunératrices : consultante pour Eurosport puis France Télévisions, présidente de la Fédération française des sports de glace de 2020 à 2022, autrice d’un livre, et aujourd’hui directrice stratégie sport chez MCI France. Elle a aussi fondé sa propre structure, Lap on Ice, et intervient régulièrement comme conférencière.

Un parcours qui illustre, en creux, la trajectoire de nombreux champions français : la gloire olympique ne suffit pas toujours à assurer des lendemains sereins, et c’est souvent après le sport, loin des projecteurs, que se construit la véritable stabilité financière.

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