Patrick Bruel sous protection policière : cette sortie de film qui a affolé la France

Patrick Bruel traverse une période judiciaire lourde. Depuis les révélations de Mediapart en mars dernier, une trentaine de plaintes ont été recensées et trois enquêtes ouvertes contre lui pour agressions sexuelles et viols. Mis en examen, le chanteur clame son innocence et a annulé sa tournée par souci d’apaisement.

Cette semaine, c’est lui qui riposte. Comme l’a révélé Le Parisien, Patrick Bruel a déposé plainte pour violation du secret de l’instruction. Et ce, après la publication par plusieurs médias, dont Paris Match, d’extraits de son audition. Une affaire qui continue de diviser, jusque dans le monde du spectacle. En effet, Patrick Sébastien a récemment pris sa défense, quand d’autres personnalités ont préféré soutenir les victimes.

Loin de cette tourmente actuelle, une autre séquence de sa carrière avait, il y a près de quarante ans, mis Patrick Bruel au cœur d’une actualité brûlante. En 1989, la sortie d’un film l’ayant vu tenir un rôle marquant avait affolé la France. Au point de faire déployer des policiers devant certaines salles de cinéma.

Le retour de bâton judiciaire

Face à la publication de son audition, Patrick Bruel n’a pas laissé passer. Ses avocats, Mes Fanny Colin, Céline Lasek et Christophe Ingrain, dénoncent des propos « faussement attribués » à leur client par Paris Match. Une riposte juridique assumée, qui vient s’ajouter à un contexte déjà extrêmement tendu pour le chanteur.

Sur les plateaux de télévision, le débat reste vif. Patrick Sébastien a ainsi déclaré : « Je l’ai vu draguer, mais je ne l’ai jamais vu se conduire mal », tout en appelant au respect de la présomption d’innocence. Des propos qui ont fait polémique, dans une affaire où les témoignages des plaignantes continuent, eux aussi, d’être pris très au sérieux.

class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DdEGqsWqxBn/?utm_source=ig_web_copy_link&stkn=MzRlODBiNWFlZA==" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px !important; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);" >

Cette actualité judiciaire tranche avec l’image d’un artiste longtemps considéré comme intouchable. Chanteur aux albums certifiés diamant, acteur récompensé, Patrick Bruel a aussi connu, par le passé, un autre type de tempête. Celle provoquée par la sortie d’un film au timing explosif.

Une « Union sacrée » tournée dans la tourmente

En 1989, Alexandre Arcady confie à Patrick Bruel le rôle de Simon Atlan, policier juif de la brigade des stupéfiants, dans L’Union sacrée. Face à lui, Richard Berry incarne Karim, un agent infiltré d’origine algérienne. Les deux hommes doivent apprendre à collaborer malgré leurs différences, sur fond d’enquête liée au terrorisme.

Pour incarner ce policier crédible, l’acteur s’investit à fond. Il suit un stage de trois semaines auprès de véritables policiers. Il court dix kilomètres chaque jour pour se préparer physiquement. Sur le tournage d’une scène périlleuse, juché sur une grue, il insiste même pour réaliser lui-même la cascade. « Non, non, non, j’y vais, j’y vais », dit-il à Alexandre Arcady, encore marqué par cet épisode.

Le réalisateur, lui, nourrissait initialement quelques doutes sur le personnage. Patrick Bruel lui avait confié trouver le rôle « un peu excessif », craignant un trait trop appuyé. Des réserves vite balayées une fois le tournage lancé, porté par la complicité entre les deux acteurs principaux.

Le scénario, dense, mêle intrigue policière et enjeux géopolitiques. Simon et Karim doivent démanteler un réseau de trafic de drogue qui dissimule en réalité des islamistes radicalisés. Ils sont missionnés pour recruter et endoctriner de jeunes marginaux à Paris. Un sujet sensible, porté à l’écran deux ans à peine avant les grands attentats des années 1990 sur le sol français.

Le jour où la police a protégé les salles de cinéma

La sortie du film, prévue en mars 1989, coïncide avec un contexte international explosif. L’affaire des Versets sataniques de Salman Rushdie enflamme alors plusieurs pays musulmans, et des manifestations éclatent jusqu’à Paris. Des mesures de protection exceptionnelles sont mises en place dans de nombreuses salles de cinéma françaises.

Un témoin de l’époque le confirmait au micro. « On a la police qui vient faire des rondes toutes les heures », expliquait-il, précisant que les forces de l’ordre allaient jusqu’à ouvrir les sacs des spectateurs. Une tension inédite pour la sortie d’un simple long-métrage populaire, brutalement rattrapé par l’actualité internationale.

Sur les plateaux, l’équipe du film doit alors gérer une avalanche de questions anxiogènes. « Vous n’avez pas peur des attentats ? Vous n’avez pas peur qu’on interdise le film ? », s’entendent répéter Arcady et ses acteurs. Le réalisateur reconnaît lui-même avoir été saisi par la gravité du moment. « Tout le monde est effaré, effrayé par une telle chose », confiera-t-il des années plus tard.

Interrogé sur ce climat, Patrick Bruel avait alors tenu à défendre son film. « Ce film ne fait absolument pas l’amalgame musulman-terroriste (…) c’est un film réellement antiraciste », martelait-il face aux critiques. Trente-sept ans plus tard, l’acteur retrouve les projecteurs, mais pour une tout autre affaire, autrement plus grave que celle d’un simple film sous tension.

Leave a Comment