Romy Schneider : elle a refusé 80 millions pour un 4e Sissi

Romy Schneider aurait soufflé ses 88 bougies ce 23 septembre 2026. Née à Vienne en 1938, l’actrice s’est éteinte prématurément en 1982, à seulement 43 ans, laissant derrière elle une filmographie immense et un destin marqué par les tragédies personnelles.

Révélée dès l’adolescence par la trilogie Sissi, elle est devenue malgré elle le visage d’un personnage qui l’a suivie toute sa vie. Une célébrité fulgurante, mais aussi un piège dont elle a mis des années à se défaire, jusqu’à refuser une somme considérable pour ne plus l’incarner.

Un anniversaire pour une actrice mythique disparue trop tôt

C’est en 1955 que Romy Schneider, alors âgée de dix-sept ans, tourne Sissi sous la direction d’Ernst Marischka. Le film, consacré à l’impératrice Élisabeth d’Autriche, devient un triomphe absolu en Autriche et en Allemagne, dépassant même les recettes d’Autant en emporte le vent dans certains pays.

Deux suites suivent immédiatement, Sissi impératrice en 1956 puis Sissi face à son destin en 1957. Le succès est tel que des milliers de jeunes filles européennes adoptent le style « princesse » popularisé par l’actrice, entre cheveux bouclés et jupons bouffants.

Mais derrière cette gloire précoce, la jeune actrice s’enferme peu à peu dans un rôle qu’elle ne choisit pas vraiment. Sa mère Magda et son beau-père gèrent sa carrière et ses finances, poussant Romy Schneider à enchaîner les tournages sans toujours respecter ses propres envies artistiques.

Sa mère avait elle-même incarné, vingt-cinq ans plus tôt, un rôle similaire à l’écran. Ce lien étroit entre les deux femmes, où l’une gère la carrière de l’autre, forge très tôt une dépendance financière et professionnelle dont la jeune actrice mettra des années à se libérer pleinement.

Le poids étouffant du personnage de Sissi

Dès le deuxième volet, Romy Schneider comprend difficilement l’intérêt de prolonger l’aventure. Elle supporte de plus en plus mal les contraintes du tournage, à commencer par une lourde perruque qui lui donne des maux de tête récurrents pendant les prises.

Le troisième film, elle l’entreprend avec une réticence assumée, pressée de se détacher enfin de ce personnage qui l’enferme dans une image d’ingénue figée. Elle le confiera plus tard sans détour : « Je hais cette image de Sissi », une phrase qui résume des années de frustration contenue.

Face au projet d’un quatrième épisode, porté par son entourage familial et professionnel, Romy Schneider choisit alors de s’opposer fermement, au grand dam de son beau-père qui utilisait ses cachets pour investir dans l’hôtellerie. Une décision qui marque un tournant décisif dans sa carrière, mais aussi dans sa vie personnelle.

Cette même année 1957, alors que la jeune actrice rencontre Kirk Douglas au Festival de Cannes, sa mère lui interdit même de signer le contrat que la star américaine lui propose. Excédée par cette emprise constante, Romy Schneider décide alors de reprendre elle-même la main sur le choix de ses rôles, quitte à fragiliser la situation financière de sa mère.

class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/DWWYkccjUZq/?utm_source=ig_web_copy_link&stkn=NTc4MTIwNjQ2YQ==" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px !important; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);" >

“J’ai refusé les 80 millions” : le jour où elle a dit non

C’est elle-même qui révélera, des années plus tard, l’ampleur du sacrifice financier consenti. « J’ai refusé les 80 millions qu’on m’offrait pour tourner une quatrième mouture de Sissi », déclarera-t-elle, assumant pleinement ce choix radical malgré la pression de son entourage.

Ce refus ouvre la voie à une carrière bien plus exigeante. Romy Schneider part s’installer en France, rencontre Alain Delon sur le tournage de Christine, puis multiplie les rôles marquants aux côtés de cinéastes comme Claude Sautet, Luchino Visconti ou Andrzej Żuławski, loin des robes de princesse.

class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/DAWObLCIPgY/?utm_source=ig_web_copy_link&stkn=MzRlODBiNWFlZA==" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px !important; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);" >

Après une rupture douloureuse avec Alain Delon en 1963 et un passage compliqué par Hollywood, où la presse la surnomme cruellement « Miss Worry », l’actrice traverse une période de doute. C’est paradoxalement Delon lui-même qui la relance, en 1968, en lui offrant le rôle de Marianne dans La Piscine de Jacques Deray, un succès qui relance durablement sa trajectoire française.

S’ensuit alors une collaboration fructueuse avec Claude Sautet, entamée avec Les Choses de la vie en 1970. Cinq films en commun scelleront cette complicité artistique, faisant de Romy Schneider l’une des actrices les plus respectées du cinéma français des années 1970, bien loin de l’image lisse qu’on lui prêtait adolescente.

En 1973, elle accepte finalement de rejouer l’impératrice, mais dans une version radicalement différente : Ludwig : Le Crépuscule des dieux de Visconti dépeint une Sissi bien plus sombre et fidèle à la réalité historique, à mille lieues de la mièvrerie du triptyque de Marischka.

Deux César de la meilleure actrice viendront couronner cette seconde carrière, pour L’important c’est d’aimer puis Une histoire simple. Un parcours que l’Académie saluera à titre posthume en 2008, par un César d’honneur remis par Alain Delon, preuve que Romy Schneider avait fini par échapper, avec panache, à l’ombre de Sissi.

Leave a Comment