Saad Lamjarred : le chanteur star du Maroc condamné à dix ans de prison pour viol, pourquoi sa peine a-t-elle été alourdie ?

Saad Lamjarred voit sa situation judiciaire s’alourdir nettement. Le chanteur marocain, très populaire au Maroc et dans le monde arabe, a été condamné samedi 26 septembre à Créteil à dix ans de réclusion criminelle pour viol aggravé, contre six ans en première instance en 2023. Selon Le Monde, la cour d’assises d’appel a également ordonné son incarcération et son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. L’artiste, âgé de 41 ans, continue de clamer son innocence et un pourvoi en cassation doit être formé. Les faits jugés remontent à 2016.

Saad Lamjarred a été reconnu coupable d’avoir violé Laura P., alors âgée de 20 ans, dans une chambre d’hôtel parisienne après leur rencontre en boîte de nuit. L’aggravation retenue est liée à son état alcoolisé. Le parquet général avait requis huit ans de prison, mais les jurés sont allés au-delà en prononçant une peine de dix ans. C’est donc moins un simple alignement sur les réquisitions qu’un durcissement assumé de la réponse pénale. L’une des explications avancées après le verdict concerne la manière dont la défense a conduit le procès. David Chemmi, l’un des avocats de la plaignante, a estimé auprès de l’AFP que cette sanction pouvait s’expliquer par “le profil inquiétant de l’accusé, mais aussi par la stratégie particulièrement agressive adoptée” envers Laura P.

Saad Lamjarred condamné : son avocat dénonce une décision “incompréhensible”

Il ajoute que “la remise en cause systématique de sa parole, tout comme les attaques dirigées contre les enquêteurs et les experts ont manifestement été mal perçues par les jurés”. La défense de Saad Lamjarred conteste vivement cette lecture. Me Ouadie Elhamamouchi a dénoncé une décision “incompréhensible”, en insistant sur les tentatives d’extorsion ayant entouré le dossier.

Cinq personnes avaient été condamnées en avril après qu’une somme de trois millions d’euros eut été réclamée pour obtenir le retrait de la plainte et l’absence de la plaignante devant les assises. Laura P. avait, elle, été relaxée. L’avocat s’interroge : “Comment condamner un homme à dix ans de prison sur la seule parole d’une personne qui, à deux reprises, a mis un prix sur sa plainte ?“ Le Monde rappelle par ailleurs que ce procès en appel s’est déroulé à huis clos, après un report en juin 2025 destiné à permettre des investigations supplémentaires.

Un alourdissement de la peine assumé par la justice

Dans une autre affaire distincte, Saad Lamjarred a aussi été condamné en mai à cinq ans de prison par la cour d’assises du Var pour le viol d’une jeune femme en 2018 près de Saint-Tropez. Il a également fait appel de cette décision. L’alourdissement de la peine ne repose donc pas, dans les éléments rapportés, sur un fait nouveau unique qui aurait mécaniquement changé le dossier.

Il semble plutôt résulter de l’appréciation globale des jurés, du contexte judiciaire, du profil présenté à l’audience et de la stratégie de défense, jugée agressive par la partie civile. Cette décision marque ainsi un net durcissement par rapport au premier procès, même si la défense entend encore la contester. La condamnation n’est toutefois pas définitive : le pourvoi en cassation annoncé ouvre encore une nouvelle étape judiciaire.

Leave a Comment