L’image a fait débat dès la sortie américaine de By Any Means le 4 septembre 2026. Un jeune agent noir du FBI qui finit par torturer un membre du Ku Klux Klan pour boucler son enquête. Le film d’Elegance Bratton, porté par Mark Wahlberg et Yahya Abdul-Mateen II, s’inspire d’une alliance bien réelle entre un tueur de la Mafia et le bureau fédéral.
Au cœur du récit, la promesse de comprendre comment Wayne Strider, héros fictif, en arrive là. Pour décrypter la By Any Means fin expliquée, il faut revenir au meurtre du leader de la NAACP Vernon Dahmer Sr., aux méthodes expéditives du mafieux Gregory Scarpa et aux zones d’ombre qui entourent encore aujourd’hui le rôle exact de ce dernier au Mississippi.
By Any Means fin expliquée : Wayne Strider franchit la ligne rouge
En 1966, l’agent Wayne Strider arrive au Mississippi, convaincu, à la manière de Martin Luther King Jr., que seule la non-violence et la loi permettront de vaincre le Klan. Mais l’enquête sur l’assassinat de Vernon Dahmer, brûlé vif après l’attaque de sa maison à Hattiesburg, piétine : témoins moins terrorisés, policiers locaux compromis, élus blancs impliqués.
À l’inverse, Gregory Scarpa arrache des aveux immédiatement, à coups de poings, de lames et d’armes braquées sur les suspects. Comme lors de l’enlèvement du vendeur et membre du Klan Lawrence Byrd, qu’il bat et menace avec un revolver dans la bouche. À la fin, Strider cesse de lutter contre cette spirale et adopte lui-même ces méthodes de torture pour faire tomber les Klansmen. Le film coupe presque au moment de ce basculement moral. Pas de grand procès triomphal, seulement un agent fédéral qui a décidé que, pour punir le Klan, la fin justifie tous les moyens.
Mark Wahlberg au cœur de By Any Means : Gregory Scarpa, arme secrète du FBI
Le personnage incarné par Mark Wahlberg est directement inspiré du vrai tueur de la famille Colombo, informateur du FBI dès 1961. L’été 1964, Gregory Scarpa a réellement été envoyé au Mississippi pour terroriser des membres du Klan et obtenir l’emplacement de trois militants des droits civiques assassinés. Puis il est revenu après l’attaque contre Vernon Dahmer. Dans le film, il agit comme une arme officieuse du gouvernement, hors de tout cadre légal.
Les cartons finaux rappellent que Scarpa n’est pas tué en mission. En effet, il repart du Sud, continue de participer aux guerres sanglantes de la famille Colombo tout en renseignant le bureau pendant des décennies, jusqu’à sa mort en prison en 1994. Officiellement pourtant, le site du FBI ne parle que d’un “informateur anonyme” pour la découverte de certains corps. Et le journaliste Jerry Mitchell, quant à lui, rapporte que d’anciens agents attribuent même un renseignement clé à un policier de la route du Mississippi. Cette ambiguïté historique nourrit le malaise qui reste une fois le générique passé.
By Any Means et Mark Wahlberg : la vraie histoire de Vernon Dahmer change la portée de la fin
Avant de devenir un symbole, Vernon Dahmer Sr. était un homme d’affaires respecté et président local de la NAACP, connu pour avoir promis de payer la poll tax des citoyens noirs trop pauvres pour voter. Le Klan a incendié sa maison, l’arrosant d’essence et tirant sur la famille ; il a réussi à faire sortir les siens mais a succombé à ses brûlures. Sa fille Bettie a suivi le tournage et a collaboré avec la production, tout en rappelant que “ce n’est pas l’histoire de Vernon Dahmer, c’est l’histoire de Gregory Scarpa”, a-t-elle confié.
Le film le montre bien : la fin se concentre sur le duo Scarpa-Strider et laisse de côté le deuil des Dahmer. Dernier twist important pour comprendre cette conclusion, Yahya Abdul-Mateen II incarne un agent composite : Wayne Strider n’a pas d’équivalent documenté, il synthétise plusieurs témoignages d’hommes noirs au sein du bureau à l’époque. Sa “vraie” fin n’est donc pas une date de décès, mais cette scène où, en adoptant la violence de Scarpa, il perd définitivement la foi dans la justice qu’il pensait servir.