Occupant le poste de directeur adjoint de la rédaction de l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, Charles Sapin a décroché cette saison un édito hebdomadaire sur l’antenne de France Inter. Cependant, la nouvelle recrue de la station public fait l’unanimité contre lui. Ainsi les syndicats de la première radio de France ont réclamé son départ immédiat, ce que la direction refuse pour le moment. Dimanche 13 septembre 2026, ce sont plus de 300 personnalités qui ont fait entendre leur voix.
En effet, Josiane Balasko, Denis Podalydès, Julie Gayet, Bruno Solo, Ariane Ascaride, Romane Bohringer, Dominique Blanc, Gérard Hernandez, Yolande Moreau, Jacques Gamblin, Corinne Masiero ou bien encore Laure Calamy ont tous signé une tribune intitulée Valeurs actuelles sur France Inter : c’est Non ! dans les colonnes du Parisien. Pour réclamer la fin de la collaboration entre France Inter et Charles Sapin.
France Inter : les signataires de la tribune contre Charles Sapin mettent en avant les condamnations antérieures de Valeurs Actuelles
“Quel choc d’entendre que France Inter s’est associée depuis la rentrée au journal Valeurs actuelles. Sous la forme d’un éditorial présenté par le nouveau directeur adjoint de sa rédaction, Charles Sapin. Ce journal condamné à plusieurs reprises pour injure publique à caractère raciste, provocation à la haine raciale et diffamation, est la vitrine et le symbole de la libération de la parole raciste à laquelle notre société est confrontée aujourd’hui“, est-il première écrit dans cette tribune.
“Les valeurs qu’il représente sont en totale contradiction avec les missions de la radio publique définies par le Parlement. Défendre la cohésion sociale, la lutte contre les discriminations, la représentation de la diversité des origines et des cultures. Un éditorial n’est ni un débat ni une interview et il engage pleinement France Inter. Radio France doit-elle vraiment s’engager dans ce pari hasardeux et offrir, a priori, un brevet de respectabilité à ce titre multirécidiviste de la provocation raciste ? Nous ne le pensons pas“, ont ensuite ajouté les signataires.
“L’un de ses nouveaux propriétaires, le milliardaire Pierre-Édouard Stérin, ne cache pas son agenda politique, formulé dans le projet Périclès qui assume mener un combat ‘idéologique, politique, et électoral’ au bénéfice de l’extrême droite, en utilisant notamment les médias. Est-ce le rôle de la radio publique de participer à cet agenda politique ? Nous ne le pensons pas. (…) France Inter, comme les autres antennes de Radio France, s’attache à respecter le pluralisme. C’est une obligation à laquelle veille l’Arcom“, est-il aussi précisé dans cette tribune.
Les personnalités à l’origine de cette tribune estiment que “l’enjeu dépasse largement ce simple rendez-vous radiophonique”
“Ce pluralisme doit se déployer dans le cadre de l’arc républicain. Et ne saurait se confondre avec la complaisance envers des idées qui représentent un danger pour la démocratie et le respect des droits fondamentaux. Ne pas participer à la banalisation de ces idées, comme le font malheureusement de trop nombreux autres médias, c’est aussi une des responsabilités de notre radio publique“, ont par ailleurs souligné les signataires.
“Pour toutes ces raisons, nous artistes, chercheur-es, universitaires, magistrat-es, avocat-es, écrivains, sportifs-ves soutenons les salarié-es de Radio France qui demandent la suppression de cet éditorial de Valeurs actuelles sur France Inter. L’enjeu dépasse largement ce simple rendez-vous radiophonique. Et pose la question cruciale des limites admissibles du pluralisme dans le débat public“, ont finalement conclu les 300 personnalités à l’origine de cette tribune.