Samedi soir, à Lourdes, la venue du Pape Léon XIV a pris un tour inattendu pour un pèlerin palestinien. Quelques minutes avant le passage du souverain pontife à la Grotte de Massabielle, ce jeune catholique a été arrêté après avoir brandi un drapeau palestinien. “J’étais triste et je me suis senti victime d’une injustice“, confie ce pèlerin d’origine palestinienne.
Né à Ramallah, en Cisjordanie, professeur de français et étudiant étranger en master LEA à Montpellier, il était venu au Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes avec sa compagne française pour prier avec le pape. “Je voulais juste que le pape voit mon drapeau et prie pour mon pays parce qu’il y a des problèmes politiques et économiques“, explique-t-il.
Lourdes sous haute sécurité pour la visite du pape Léon XIV
Lourdes vivait ce week-end de septembre 2026 la visite de Léon XIV sous un dispositif décrit comme exceptionnel. Sur son site, la Police nationale rappelle que “150 000 personnes se sont pré-enregistrées pour la messe du dimanche matin, qui constituera le point d’orgue de la visite“. Jusqu’à 200 000 fidèles étaient attendus dans un périmètre de sécurité antiterroriste.
Pour sécuriser l’événement, plus de 3 000 policiers et gendarmes, épaulés par des militaires de Sentinelle, avaient été déployés autour du Sanctuaire. Les secours comptaient 370 pompiers, du personnel du SAMU et 280 membres de la Croix-Rouge et de l’Ordre de Malte. Selon la préfecture des Hautes-Pyrénées, “Cinq interpellations, dont trois suivies d’une garde à vue, ont été enregistrées sur l’ensemble du week-end“.
De Ramallah au Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes : le face-à-face avec la police
Né à Ramallah, en Cisjordanie, ce Palestinien de confession catholique enseigne le français dans un village proche de la ville. Il suit en parallèle un master de langues étrangères appliquées à Montpellier. Venu avec sa compagne française, il voulait représenter ses proches lors de cette visite du pape à Lourdes et montrer un drapeau palestinien.
Samedi vers 19 h 20, le couple se tient derrière une barrière, le drapeau palestinien plié à la main. Le jeune homme évoque des contrôles répétés et dit avoir proposé de le ranger. “Je voulais juste représenter les chrétiens de mon pays et prier avec le pape pour l’espoir, pour la paix et pour la justice“, assure-t-il. Il dit que le mot “terroriste” a été crié depuis la foule quand ils ont été menottés.
Trente-sept heures de garde à vue et une OQTF finalement annulée
Conduits séparément au commissariat, lui à Tarbes, elle à Lourdes, les deux jeunes passent près de trente-sept heures en garde à vue, normalement limitée à vingt-quatre heures et prolongeable jusqu’à quarante-huit. Le pèlerin souligne qu’aucun objet suspect n’a été trouvé lors des fouilles.
Dimanche, il est entendu par les enquêteurs et apprend le soir même qu’il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF), une décision préfectorale qui impose à un étranger de quitter la France. Le lendemain, il est informé de l’annulation de cette mesure, qu’il attribue à l’intervention d’un ami “en haut lieu“. Libéré avec sa compagne lundi après-midi, le couple a juste le temps de se recueillir brièvement avant de repartir, sans avoir aperçu le Pape Léon XIV.