Jordan Bardella contre-attaque après la publication d’une enquête de Mediapart lui attribuant des messages antisémites datant de 2013. Le président du Rassemblement national rejette catégoriquement ces écrits et affirme qu’ils ne sont pas les siens. Invité lundi soir sur CNews face à Pascal Praud, il a dénoncé des accusations “parfaitement délirantes” et annoncé avoir engagé une procédure en diffamation contre le média.
Pour le compagnon de Maria Carolina de Bourbon, cette affaire relèverait d’une tentative de déstabilisation politique. Mediapart affirme s’appuyer sur des conversations privées qui auraient été écrites durant l’été 2013, lorsque Jordan Bardella avait 17 puis 18 ans. Le média lui attribue plusieurs propos antisémites et complotistes. L’intéressé conteste formellement cette version. Sur X, il avait déjà évoqué des “faux grossiers” avant de charger son avocat d’engager “les procédures nécessaires”. Deux récits totalement opposés s’affrontent donc désormais publiquement autour de l’origine et de l’authenticité de ces échanges.
Jordan Bardella répond aux accusations de Mediapart
Face à Pascal Praud, Jordan Bardella a voulu insister sur sa position actuelle : “S’il y a bien un sujet sur lequel vous ne trouvez pas d’ambiguïté chez moi, c’est la lutte contre l’antisémitisme”, a-t-il assuré. Il estime que cette publication intervient dans un contexte politique tendu et prévient que d’autres révélations pourraient suivre. “Ils ont tiré la première cartouche, la deuxième arrivera demain”, a-t-il lancé, en référence à la publication progressive d’enquêtes par Mediapart.
Interrogé également sur une supposée admiration passée pour Alain Soral, évoquée dans l’enquête, le président du RN a répondu qu’“on n’a rien à me reprocher”. Son avocat, David Dassa-Le Deist, a de son côté affirmé que “l’honneur de Jordan Bardella est atteint”. Il décrit son client comme combatif et n’exclut pas que certaines informations puissent provenir d’anciens membres du parti animés, selon lui, par une volonté de revanche. Marine Le Pen a également pris la défense de Jordan Bardella. Elle a qualifié les éléments publiés de “faux” et de “barbouzerie”, tandis que Mediapart maintient son travail d’enquête. À ce stade, aucune décision judiciaire n’a établi qui dit vrai sur l’authenticité des messages.
Marine Le Pen prend sa défense
C’est précisément ce point qui se trouve au cœur de l’affrontement entre le dirigeant politique et le journal d’investigation. Cette confrontation intervient alors que Jordan Bardella cherche à défendre publiquement la ligne actuelle du RN sur l’antisémitisme. Ses déclarations sont désormais opposées au contenu que lui attribue Mediapart. L’enjeu dépasse donc son image personnelle et touche aussi à la crédibilité de son discours politique.
Le président du RN choisit désormais la riposte judiciaire pour répondre aux accusations. La plainte annoncée devra suivre son cours, tandis que Mediapart assume la publication de son enquête. Jordan Bardella affirme vouloir défendre son honneur et contester chaque élément qu’il estime fabriqué. L’affaire prend ainsi une dimension à la fois médiatique, politique et judiciaire, avec une question centrale toujours ouverte : les messages publiés sont-ils authentiques ou non ? En attendant de nouveaux éléments, les accusations restent celles de Mediapart et sont formellement démenties par Jordan Bardella. La bataille judiciaire pourrait déterminer les prochaines étapes de cette confrontation, alors que chacun maintient fermement sa version publique.