La campagne présidentielle s’invite déjà dans une sérieuse zone de turbulences. Depuis le lundi 28 septembre, Jordan Bardella est au cœur d’une enquête de Mediapart portant sur des propos antisémites et complotistes qui lui sont attribués lorsqu’il était jeune militant du Front national. Le président du RN nie catégoriquement en être l’auteur et dénonce une opération destinée, selon lui, à le déstabiliser politiquement. Mais ce jeudi, Mediapart a publié de nouveaux éléments destinés à étayer son enquête.
Jordan Bardella conteste les preuves publiées par Mediapart
Quelques jours après les premières révélations, le média d’investigation a donc décidé de dévoiler davantage de documents. Mediapart affirme avoir pu authentifier des conversations Messenger datant de 2013 à 2015 grâce à une extraction obtenue auprès de Meta, la maison mère de Facebook, puis authentifiée par un huissier.
Selon le média, plusieurs détails biographiques présents dans les échanges permettraient également d’identifier leur auteur comme étant bien Jordan Bardella. Mediapart cite notamment des informations concernant sa mère née en Italie, une interview accordée au Parisien en 2013 ou encore un échec au concours de Sciences-Po. Des éléments que le président du RN ne reconnaît pas comme une preuve de l’authenticité des messages.
Le président du RN dénonce des “montages grossiers”
Jordan Bardella a rapidement réagi sur les réseaux sociaux. Pour lui, les nouveaux documents présentés par Mediapart ne constituent pas les preuves annoncées, mais de simples “pseudo-preuves”. Sur X, ce dernier évoque des “montages grossiers” et des captures d’écran qu’il juge manipulables, tout en affirmant n’avoir “évidemment jamais” tenu les propos qui lui sont attribués.
Le président du RN avait déjà annoncé une plainte en diffamation après la publication de la première enquête. Face aux nouveaux éléments, le politicien a indiqué avoir chargé son avocat de déposer une plainte pour “faux et usage de faux”. Le parquet de Paris a confirmé jeudi soir avoir reçu une plainte avec constitution de partie civile, déposée la veille, selon les informations rapportées par Le Monde.
Jordan Bardella parle d’une “opération de déstabilisation”
Depuis le début de cette affaire, Jordan Bardella maintient donc la même ligne de défense. Le bras droit de Marine Le Pen affirme que les accusations relèvent d’une tentative organisée pour nuire à sa campagne présidentielle et a évoqué une “guerre totale” visant successivement les figures du RN. Mercredi, il décrivait encore cette accusation comme “la plus ignoble” à l’avoir visé.
De son côté, Mediapart soutient que les nouveaux documents viennent renforcer son enquête initiale. Le média affirme que l’extraction de la conversation permettrait de vérifier sa date, de montrer qu’elle n’a pas été modifiée après coup et d’établir que le compte était référencé par Meta sous le nom de Jordan Bardella. L’affaire prend désormais une dimension politique et judiciaire sensible à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027.