Jordan Bardella obsédé par la politique depuis son plus jeune âge : retour sur la carrière fulgurante du patron du RN

Jordan Bardella, 31 ans, s’est imposé comme le visage le plus exposé du Rassemblement national. Engagé dès l’adolescence, il a très vite fait de la politique son unique horizon. Les révélations de 2026 sur des messages antisémites qui lui sont attribués à 17 ans viennent aujourd’hui bousculer ce récit d’ascension maîtrisé.

Entre enfance en cité HLM à Drancy, week-ends dans un pavillon de Montmorency et scolarité dans le privé, le futur patron du RN se présente comme un enfant de la banlieue passionné de politique. En quelques années, il passe du lycée aux plateaux télé, puis à Strasbourg et à la tête du parti. Derrière cette carrière fulgurante, son travail et son passé militant restent scrutés.

Jordan Bardella, de Drancy au Front national : une vocation politique précoce

Né le 13 septembre 1995 à Drancy, en Seine-Saint-Denis, Jordan Bardella est l’enfant unique d’un patron de PME de distributeurs automatiques et d’une agente territoriale d’école maternelle, tous deux d’origine italienne. Il grandit en garde alternée entre une cité HLM avec sa mère et un cadre plus aisé chez son père à Montmorency, tout en étant inscrit dans des établissements privés.

Au lycée privé Jean-Baptiste-de-La-Salle à Saint-Denis, il suit de près l’actualité et donne des cours de français à des migrants. En 2012, à 17 ans, il adhère au Front national, qu’il dit avoir rejoint pour soutenir Marine Le Pen, décroche un bac ES mention très bien en 2013, tente l’université à la Sorbonne puis renonce vite à tout diplôme pour se consacrer entièrement à la politique.

Une carrière fulgurante au sein du RN et au Parlement européen

Son ascension dans l’appareil frontiste est rapide. En 2014, il devient secrétaire départemental en Seine-Saint-Denis, alors plus jeune cadre de ce rang dans le parti. En 2015, il est assistant parlementaire de l’eurodéputé Jean-François Jalkh, se présente aux départementales à Tremblay-en-France et entre au conseil régional d’Île-de-France. L’année suivante, il lance le collectif Banlieues patriotes pour tenter de conquérir l’électorat des quartiers populaires.

À partir de 2017, Jordan Bardella enchaîne les responsabilités : il rejoint l’équipe de campagne présidentielle de Marine Le Pen, devient porte-parole puis membre du bureau national. En 2018, il prend la tête du mouvement de jeunesse Génération nation. En 2019, il mène la liste RN aux élections européennes, arrivée en tête du scrutin, devient député européen, vice-président puis premier vice-président du RN, avant d’être élu à la direction du parti en 2022 et de prendre, en 2024, la tête du groupe Patriotes pour l’Europe à Strasbourg.

Polémiques, réseaux et propos antisémites attribués à Jordan Bardella

Son parcours nourrit aussi des critiques sur son travail d’élu, jugé discret au Parlement européen. Plusieurs proches viennent de la mouvance du Groupe union défense. Le 28 septembre 2026, Mediapart publie une enquête attribuant à l’été 2013 des messages privés où il écrit que “Toutes les banques sont détenues par des Juifs” et développe des thèmes complotistes.

Jordan Bardella conteste “formellement” ces écrits, parle de “faux grossiers” et a annoncé une plainte en diffamation contre Mediapart. Pour le président du CRIF, Yonathan Arfi, “C’est une illustration des limites de la dédiabolisation du Rassemblement national“.

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