Jordan Bardella se retrouve au cœur d’un séisme politique : Mediapart lui attribue des écrits antisémites datant de 2013, lorsqu’il était jeune militant du Front national. Le président du Rassemblement national dément fermement ces propos et dénonce un coup monté, relançant aussitôt les soupçons de taupe au sein d’un parti déjà traversé par les rivalités.
Selon le site d’investigation, l’enquête repose sur des dizaines de conversations privées échangées à l’été 2013, à quelques semaines des 18 ans de Jordan Bardella. Lui affirme y voir “Il s’agit évidemment de faux grossiers.” et a déjà saisi la justice pour diffamation, à l’heure où la présidentielle 2027 approche et où chaque camp traque les fuites.
Jordan Bardella, propos antisémites et enquête Mediapart secouent le RN
Dans ces échanges numériques, Mediapart assure que le jeune cadre aurait écrit “Toutes les banques sont détenues par des Juifs.” et développé des clichés complotistes sur une domination juive des banques et de la politique. D’autres messages associeraient certains ministres socialistes à un supposé Nouvel Ordre mondial dominé par Israël.
Ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé juge que “Ces écrits, s’ils sont avérés, sont d’une immense gravité“. Pour une formation qui se présente volontiers comme un bouclier pour les juifs, le signal est lourd. Le président du Crif, Yonathan Arfi, estime lui aussi que “l’antisémitisme des propos attribués à Jordan Bardella est un démenti cinglant de la stratégie de dédiabolisation du RN“, alors que l’authenticité reste contestée devant la justice.
Une taupe au RN ? Des fuites aux précédents comme Nicolas Bay
Sur CNews, Jordan Bardella a dénoncé “une opération de barbouzerie, de déstabilisation d’envergure“, laissant entendre que l’affaire serait organisée contre lui. Son avocat, Me David Dassa-Le Deist, évoque sur LCI la piste d’anciens cadres du RN, expliquant : “On ne peut pas exclure que des personnes qui ont été évincées de ce parti (le RN) il y a quelques années soient animées d’une très forte volonté vengeresse“.
Ce réflexe de suspicion renvoie à un précédent récent. En 2022, l’eurodéputé Nicolas Bay a été suspendu du bureau exécutif du RN, soupçonné d’avoir livré des informations stratégiques à la campagne d’Éric Zemmour. Marine Le Pen avait alors fustigé une “stratégie de la limace” et lâché : “La limace est lente mais elle est aussi poisseuse.“
Marion Maréchal, Nolwenn Olivier et le clan Le Pen autour de Bardella
Dans ce climat électrique, le soutien venu de Marion Maréchal a surpris. Sur BFMTV, la nièce de Marine Le Pen, désormais alliée d’une autre droite radicale, a dit “ne pas y croire une seconde” et réaffirmé sa confiance dans Jordan Bardella, transformant l’affaire en nouveau terrain de jeu entre familles rivales.
En coulisses, une autre figure intrigue : Nolwenn Olivier, fille de Marie-Caroline Le Pen et de Philippe Olivier, ex-compagne de Jordan Bardella. Le Monde rappelle que, le 3 juillet 2026, le RN lui a confié la communication de campagne de Marine Le Pen, dans un parti souvent décrit comme étroitement contrôlé par la famille Le Pen depuis des décennies. Active dans la stratégie numérique du mouvement, elle cristallise les accusations de népotisme, même si rien ne l’implique dans les révélations actuelles.