Mort de Catherine Ringer : qu’est-ce que l’”affaire des VHS”, qui avait fait trembler sa carrière d’actrice ?

La nouvelle a bouleversé le public : Catherine Ringer est morte à 68 ans, emportée par un cancer foudroyant. “C’est avec une immense tristesse que la famille et les proches de Catherine Ringer annoncent son décès, emportée par un cancer foudroyant dans la nuit du 14 septembre 2026“, ont indiqué ses enfants dans un communiqué. En juin, la chanteuse avait déjà dû annuler une lecture musicale à la Maison de la Poésie à Paris pour une “extinction de voix“.

Voix iconique de Marcia Baïla au sein des Rita Mitsouko, muse pop et comédienne, Catherine Ringer traînait pourtant une zone d’ombre très commentée : son passé dans les films pornographiques et surtout l’énigmatique affaire des VHS qui a tenté de la rattraper au milieu des années 80. Un scandale qui a fait trembler son image d’actrice, sans réussir à faire chuter la star.

Printemps 1986 : quand les VHS rattrapent Catherine Ringer

Bien avant le succès de Marcia Baïla en 1985, Catherine Ringer a quitté très tôt le foyer familial et l’école. À 17 ans, elle tourne ses premiers films X, en France, en Allemagne ou en Italie, sous son nom ou sous des pseudonymes comme Lolita da Nova, Betty Davis ou Yvette Lemercier. Quand elle rencontre Fred Chichin en 1979 et fonde les Rita Mitsouko, ce passé reste cantonné aux salles spécialisées.

Tout bascule au printemps 1986. La cassette vidéo s’impose dans les salons et les producteurs rééditent alors ses anciens films en VHS. Pour doper les ventes, certains vont jusqu’à inscrire “Mitsouko” ou “Rita Mitsouko” sur les jaquettes, jouant sur la confusion avec le groupe. Un film comme Poker partouze ressort ainsi sous le titre Poker pour Marcia chez l’éditeur Atlantic, clin d’œil évident au tube Marcia Baïla. Catherine Ringer porte plainte pour utilisation abusive du nom du groupe, mais elle est déboutée. Les éditeurs lancent alors une campagne autour du “scandale Rita Mitsouko” : l’affaire des VHS est née.

Catherine Ringer évoque des “situations violentes” derrière ces cassettes

Face à ce retour forcé de ses images, Catherine Ringer choisit de parler. En 1986, au micro de Mireille Dumas dans l’émission Sexy Folies, elle confie que le X a été pour elle une succession de “situations violentes, difficiles, où son image personnelle [était] complètement écrabouillée, réduite à néant“. Elle ajoute alors : “Personne ne m’y a obligée, disait-elle à Mireille Dumas. Pour faire ça, il faut être un peu bizarre, il faut du courage, ravaler ses rancœurs, le porno a été mon service militaire“, explique-t-elle.

Des années plus tard, invitée de l’émission C à vous, elle raconte avoir été, de 13 ans et demi à 20 ans, sous l’emprise d’un pervers narcissique qui l’a entraînée vers la pornographie et le viol, dans un climat d’”amour libre” très années 70. L’onde de choc des cassettes ne se joue donc pas seulement sur le terrain médiatique : elle ravive aussi des blessures intimes que la chanteuse met progressivement en mots.

De l’affaire des VHS au triomphe des Rita Mitsouko : la revanche de Catherine Ringer

Médiatiquement, l’exploitation de ces cassettes culmine quand Serge Gainsbourg l’attaque à propos de son passé dans le X sur le plateau de Mon Zénith à moi, une séquence devenue culte et qui lui vaudra le soutien de Pierre Desproges. Pourtant, les biographies s’accordent : la carrière musicale de Catherine Ringer ne s’est pas effondrée. Les Rita Mitsouko ont continué d’enchaîner les succès et les récompenses, tandis qu’elle assumait publiquement ce passé, sans le glorifier. Aujourd’hui, alors que sa disparition remet en lumière l’affaire des VHS, cette histoire résonne avec les débats actuels sur le contrôle de son image et la circulation, souvent sans consentement, des corps filmés.

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