Tensions à BFMTV : Sonia Mabrouk accusée de complaisance envers l’extrême droite, les syndicats montent au créneau

L’arrivée de Sonia Mabrouk sur BFMTV ne fait pas l’unanimité. Le 24 août dernier, l’ancienne animatrice de CNews a lancé son émission 100 % Mabrouk. Un peu plus de deux semaines plus tard, la SNJ et la CGT de RMC BFM sont montées au créneau dans un communiqué dévoilé le jeudi 10 septembre.

Dans un premier temps, les deux syndicats ont pointé du doigt l’interview de Sarah Knafo réalisée le 7 septembre. Ils ont ainsi reproché à la journaliste d’avoir laissé la députée européenne “dérouler son argumentaire” au sujet des Français “de souche” et des Français “de branche”. “Visiblement, il semble tout naturel que cette expression, notoirement d’extrême droite raciste, puisse occuper une place conséquente dans l’entretien de 45 minutes avec Mme Knafo, sans aucune opposition, aucun recadrage historique sur l’usage de ce type de sémantique”, ont-ils indiqué.

Les syndicats dénoncent la proportion d’intervenants d’extrême droite

La SNJ et la CGT de RMC BFM ne se sont pas contentées de citer Sarah Knafo. Les deux syndicats ont également évoqué l’intervention de Bruno Retailleau, le 26 août. Ils ont reproché à l’ancien ministre d’avoir établi, selon eux, un “lien hasardeux” entre les députés de La France insoumise et l’islamisme, sans avoir été suffisamment contredit sur le plateau de Sonia Mabrouk.

Dans la suite du communiqué, les représentants du personnel ont ensuite affirmé avoir fait leur propre comptage des invités et intervenants politiques. Selon eux, les personnalités classées à l’extrême droite représentaient “une proportion de 25,5 % sur la période du 24 août au 8 septembre”. À titre de comparaison, Alain Marschall et Olivier Truchot en auraient reçu 11,8 % et Apolline de Malherbe 4,6 %. Et de poursuivre à propos des promesses de la chaîne : “Quant au chroniqueur de gauche destiné à contrebalancer la présence hebdomadaire de Robert Ménard, on l’attend toujours…”

La SNJ et la CGT visent directement la direction de BFMTV

Le communiqué de la SNJ et de la CGT de RMC BFM ne se contente pas de cibler Sonia Mabrouk. En effet, la direction de BFMTV est directement visée. Les syndicats reprochent ainsi à la chaîne de ne pas afficher une ligne éditoriale suffisamment claire face aux idées d’extrême droite. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme un “renoncement collectif” et s’inquiètent de voir des théories “racistes et xénophobes” pouvoir être développées à l’antenne “sans contradiction ou presque”.

Pour finir, la SNJ et la CGT de RMC BFM ont assuré qu’ils continueraient à signaler ces situations. “Nous continuerons inlassablement à dénoncer ces manquements, ce manque de courage et cette apathie antirépublicaine. Le journalisme a un rôle à jouer dans la vie de la démocratie et pas seulement pour dérouler le tapis rouge aux idées de l’extrême droite”, ont-elles conclu. Une prise de position qui ne passe pas inaperçue.

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