Il y a encore quelques mois, Rachel Ojuromi rêvait de Paris. Aujourd’hui, elle a fait ses premiers pas sur le podium de Chanel, lors de la Fashion Week. Le 5 octobre, au Grand Palais, à Paris, la mannequin nigériane a participé à la présentation de la collection printemps-été 2027 imaginée par Matthieu Blazy, directeur artistique de la maison.
Avant ce défilé prestigieux devant un parterre de stars, la jeune femme s’était fait connaître grâce à ses vidéos tournées dans les rues de Lagos, sa ville natale. Sur Instagram, son compte Giverachelashot, que l’on peut traduire par “Donnez une chance à Rachel”, rassemble désormais plus de 350 000 abonnés.
Des vidéos tournées dans les rues de Lagos qui séduisent Chanel
Pour mettre en valeur ses tenues, Rachel Ojuromi a choisi un décor bien différent des studios habituels de la mode. Marchés, commerces, circulation et passants se trouvent en arrière-plan de ses vidéos. On la voit notamment déambuler dans les rues, faire ses courses ou transporter un panier de bananes sur la tête, toujours avec des looks soigneusement travaillés. Cette approche a fini par attirer l’attention de Matthieu Blazy. Sur le plateau de Quotidien, le journaliste Marc Beaugé a raconté comment cette visibilité en ligne avait conduit la jeune femme jusqu’à Paris : “Ses vidéos sont devenues virales. Un jour Matthieu Blazy, le créateur de Chanel, est tombé sur ses vidéos, il a mis un commentaire. Une chose en entrainant une autre, il l’a ramené à Paris pour le défilé au Grand Palais”.
Quelques mois auparavant, Rachel Ojuromi avait déjà rendu hommage à Chanel à sa manière. Elle avait recréé des silhouettes de la collection Métiers d’Art 2026 avec des vêtements trouvés à Lagos et des pièces de seconde main. Une publication qui avait retenu l’attention du directeur artistique, lequel avait laissé un cœur accompagné du mot “Everything”.
Rachel Ojuromi : son projet pour les jeunes créatifs africains
Derrière ses looks viraux, Rachel Ojuromi travaille avec sa meilleure amie, Debby Fasingha, designer et styliste. Ensemble, elles puisent leur inspiration dans d’anciens défilés et composent leurs tenues à partir de vêtements personnels, de pièces chinées et de créations réalisées sur mesure. Leurs influences mêlent vintage, streetwear, esthétique Y2K et haute couture. Dans une interview accordée à Dazed, Rachel Ojuromi a expliqué que près de la moitié de leurs vêtements proviennent du marché de Yaba, à Lagos, qu’elle fréquente depuis longtemps. Sa passion pour la mode remonte à l’enfance, auprès de sa mère, qui vendait des vêtements et des accessoires. “Ma mère est tout mon bagage mode”, avait-elle confié au magazine.
Son parcours porte également un message aux jeunes créateurs qui ne disposent pas de gros moyens. “Tu peux le faire de n’importe où”, avait-elle aussi confié à Interview. Debby Fasingha a quant à elle révélé leur méthode : “Si tu as un téléphone et quelques vêtements, alors il suffit de filmer”. Rachel Ojuromi souhaite aussi donner davantage de visibilité aux talents du continent africain. Il y a environ trois ans, elle a lancé The Process Africa, une initiative destinée à réunir de jeunes créatifs dans les domaines de la mode, du cinéma et de l’art. À Lagos, son appartement sert notamment de lieu de rencontre et de tournage.