Nolwenn Leroy “très choquée” : ces intentions pétainistes qu’on lui a prêté

Ce lundi 28 septembre 2026, Nolwenn Leroy souffle ses 44 bougies. Depuis sa victoire à la Star Academy en 2002, la chanteuse bretonne a bâti une carrière solide, entre disques de diamant et rôles à la télévision. Mais son plus grand succès commercial lui a aussi valu l’une des polémiques les plus violentes de sa carrière.

En 2011, la sortie de son album Bretonne transforme la chanteuse en cible d’une critique acerbe du Nouvel Observateur. Un article qui ira jusqu’à associer sa démarche artistique à une forme de pétainisme, provoquant une colère durable chez l’artiste.

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Un album à succès, une critique au vitriol

Sorti en décembre 2010, Bretonne s’impose rapidement comme un phénomène commercial. L’album se hisse en tête des ventes pendant sept semaines. Il sera finalement certifié double disque de diamant, pour plus d’un million d’exemplaires écoulés. Un triomphe pour cette chanteuse originaire de Saint-Renan, qui rend hommage à ses racines à travers des reprises de chants traditionnels.

Ce succès attire cependant les foudres du journaliste Fabrice Pliskin. Il signe en mars 2011 une chronique particulièrement virulente dans Le Nouvel Observateur. L’article, titré « Nolwenn Leroy, la Breizh attitude », multiplie les formules assassines à l’encontre de l’artiste et de sa démarche.

Le texte évoque une chanteuse « droite dans ses sabots », qui « s’enivre de cadastre, d’ancrage et de toponymie », affichant selon lui un « pedigree de la vieille roche ». Le journaliste ne s’arrête d’ailleurs pas là. Il ironise aussi sur l’authenticité de sa démarche artistique, la qualifiant de « premier robot de fabrication 100% bretonne », une formule qui réduit son travail à un simple produit marketing calibré pour séduire un public régional.

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Plus grave encore, l’article établit un parallèle insidieux entre le succès de cet album régionaliste et la montée du Front national dans les sondages de l’époque. En suggérant un lien entre l’engouement populaire pour une identité régionale assumée et une poussée du vote protestataire, le texte prête à la chanteuse des arrière-pensées politiques qu’elle n’a jamais revendiquées, ni même envisagées au moment d’enregistrer les chants traditionnels de son enfance bretonne.

Une accusation de pétainisme qui choque l’artiste

Reçue trois ans plus tard sur le plateau d’On n’est pas couché face à Laurent Ruquier, entouré ce soir-là de Natacha Polony et Aymeric Caron, Nolwenn Leroy revient sur cette période douloureuse avec des mots forts. Interrogée sur le contenu de cet article, elle ne mâche pas ses mots concernant ce texte qu’elle juge profondément injuste, et n’a visiblement rien perdu de sa vivacité pour le dénoncer.

« Moi, j’ai été très choquée par ce papier parce que c’était un papier politico-raciste », confie-t-elle sur le plateau. Et de dénoncer une généralisation abusive envers toute une communauté régionale. Elle ajoute, amère, que ce même article n’aurait jamais eu le même retentissement s’il avait visé une autre communauté que les Bretons.

Ce qui la blesse particulièrement, c’est l’association implicite entre son attachement à la Bretagne et les heures les plus sombres de l’Histoire. « On associe souvent cela à la politique et puis à des passages un peu plus noirs de l’histoire où la Bretagne serait impliquée pour des choses… Enfin oui, justement, on serait des pétainistes », s’indigne-t-elle, visiblement encore marquée par cette accusation.

Un droit de réponse pour rétablir la vérité

Face à cette polémique, Nolwenn Leroy ne reste pas silencieuse. Elle obtient un droit de réponse, publié dans les pages du Nouvel Observateur, où elle détaille point par point son indignation. Elle y dénonce un véritable procès d’intention, mené selon elle avec une réelle malveillance à son égard.

« Je suis extrêmement choquée par ce procès d’intention que je trouve indigne », écrit-elle noir sur blanc, rappelant que son projet artistique n’a jamais eu vocation à s’inscrire dans une quelconque mouvance protectionniste ou identitaire. Son attachement à la Bretagne, insiste-t-elle, relève avant tout d’une démarche sincère et personnelle.

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Cette polémique n’aura, du reste, jamais entamé le succès commercial de l’album. Pendant que la controverse enflait dans les colonnes du Nouvel Observateur, Bretonne continuait de caracoler en tête des ventes, comme si le public, lui, n’avait jamais fait le lien entre cet hommage musical aux racines de la chanteuse et les arrière-pensées politiques qu’on tentait de lui prêter. Un contraste frappant entre l’accueil critique et l’accueil populaire, qui en dit long sur le fossé parfois creusé entre une certaine presse parisienne et le grand public.

Quinze ans après cette controverse, l’épisode reste un souvenir marquant pour la chanteuse. Il illustre à quel point la mise en avant d’une identité régionale, aussi assumée soit-elle, peut se heurter à des lectures politiques que l’artiste n’a jamais revendiquées ni même envisagées au moment de composer cet album devenu culte.

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