“Mon temps d’existence se réduit comme une peau de chagrin” : Pierre Arditi à cœur ouvert sur son rapport à l’âge et au temps qui passe

Pierre Arditi regarde désormais le temps qui passe avec une lucidité désarmante. À l’occasion du téléfilm Un petit air de bonheur, diffusé sur France 3, le comédien s’est confié au magazine Télé Star sur son personnage, mais aussi sur ce que l’âge change dans sa manière d’observer sa propre existence. Derrière Jérôme, musicien revenu à Lyon pour renouer avec son passé, l’acteur, qui est père et grand-père, retrouve forcément certaines de ses propres interrogations, notamment sur les souvenirs et la famille.

Dans cette fiction, Jérôme rencontre Sylvestre, incarné par Laurent Gerra, un restaurateur lui aussi marqué par la vie. “Ils ont tous les deux des failles et vont finir par s’apprivoiser, un peu comme deux chats”, explique Pierre Arditi. Le récit mêle musique et gastronomie, deux univers qui parlent directement au comédien. Sa mère, belge, lui a transmis très tôt le goût de la musique classique, tandis que la cuisine occupait également une place importante dans son enfance.

Pierre Arditi ne cache plus sa nostalgie

Ces souvenirs prennent aujourd’hui une dimension particulière. Interrogé sur sa ressemblance avec Jérôme, notamment dans son rapport au passé, le mari d’Évelyne Bouix répond sans détour : “Oui, énormément, d’autant que mon temps d’existence se réduit comme une peau de chagrin”. Une phrase forte qui révèle sa conscience du temps restant. L’acteur explique regarder ce qui se trouve derrière lui avec “beaucoup de tendresse”, y compris les périodes moins heureuses de son parcours.

Cette nostalgie ramène également Pierre Arditi vers ses parents. Il se souvient de sa mère, qui cuisinait “extrêmement bien“, tout comme sa grand-mère, dont les poulets rôtis restent pour lui inégalables. Son père occupe lui aussi une place essentielle dans cette réflexion sur l’âge. “Mon père me l’avait dit et il avait raison”, confie-t-il en évoquant cette manière de regarder le passé avec davantage de douceur lorsque les années avancent.

Une pièce qui réveille une blessure familiale

Ce lien avec son père se retrouve aussi dans Le Père, la pièce de Florian Zeller que Pierre Arditi joue actuellement au théâtre Édouard VII. Le texte traite de la maladie d’Alzheimer, dont son père est mort. “Ce texte m’emmène au pays de mes parents en mêlant le rire parfois et l’émotion souvent quand le personnage part dans un monde qui n’est plus le nôtre”, raconte le comédien, qui qualifie l’expérience de “très bouleversante”.

Cette maladie nourrit d’ailleurs une véritable inquiétude chez lui. Lorsqu’on lui demande si Alzheimer l’angoisse personnellement, Pierre Arditi ne cherche pas à esquiver : “Oui car on n’a pas envie de finir comme ça”. Il sait qu’un test peut évaluer certains risques, mais refuse catégoriquement de le passer. “Inutile de vous dire que je ne le passerai pas”. À travers ces confidences, l’acteur assume donc ses peurs autant que sa nostalgie. À mesure que le temps avance, il choisit de regarder son histoire avec tendresse, sans nier la fragilité qui accompagne forcément l’âge.

Interview à retrouver en intégralité dans votre magazine Télé Star en kiosque et en version numérique ce lundi 12 octobre 2026.

Leave a Comment