Invité ce mercredi 23 septembre 2026 sur le plateau de C à vous, sur France 5, Hervé Vilard n’a rien perdu de son franc-parler. Venu promouvoir sa tournée pour ses 80 ans, le chanteur s’en est pris sans détour à Claude François, qu’il a côtoyé lors de tournées communes. « Il coupait les fils du micro, il nous coupait l’écho… Il était ignoble, il faut le dire », a-t-il lâché, évoquant une désillusion amère envers un artiste qu’il admirait pourtant sincèrement.
Mais derrière cette sortie remarquée se cache une autre histoire, bien plus méconnue : celle de sa relation avec la cantatrice Maria Callas, nouée à une époque où Hervé Vilard n’était pas encore une vedette de la chanson française.
class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/CNN5cpqhNc4/?utm_source=ig_web_copy_link&stkn=MzRlODBiNWFlZA==" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px !important; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);" >
Sur le plan artistique, l’interprète de Fais la rire sait toutefois nuancer son propos envers Claude François. Il reconnaît volontiers son perfectionnisme hors norme et son immense talent sur scène, saluant une carrière impressionnante malgré des méthodes de travail jugées odieuses. Une nuance qui n’a pas manqué d’étonner les chroniqueurs présents autour de la table.
Avant la gloire, un emploi de disquaire sur les Champs-Élysées
Dans les années 1960, bien avant de devenir l’interprète de Capri, c’est fini, Hervé Vilard travaille comme disquaire chez Sinfonia, une boutique prestigieuse des Champs-Élysées. Il y reste trois ans, un emploi qui le place au contact quotidien d’une clientèle triée sur le volet.
Miles Davis, le chef d’orchestre Herbert von Karajan, mais aussi Claude François figurent parmi ses clients réguliers. Une période formatrice, durant laquelle le jeune homme vit essentiellement des pourboires que lui laissent ces personnalités exigeantes, souvent pressées et peu enclines à patienter dans la boutique.
class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/B_HHVvDKJ9q/?utm_source=ig_web_copy_link&stkn=MzRlODBiNWFlZA==" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px !important; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);" >
C’est également à cette époque qu’il croise la route de Maria Callas, cliente elle aussi du magasin. « Elle était sublime », se souvient-il, encore marqué des décennies plus tard par cette rencontre avec l’une des plus grandes voix de l’opéra du XXe siècle.
Cette anecdote méconnue prend une saveur particulière quand on la met en regard avec un autre souvenir dévoilé par le chanteur sur le plateau de C à vous : c’est le compositeur Jacques Revaux qui lui aurait initialement destiné la première version de Comme d’habitude, avant que le titre ne devienne un tube mondial entre les mains de Claude François, puis de Frank Sinatra. Une anecdote qu’il raconte aujourd’hui sans la moindre trace d’amertume.
class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/BpEggyLA_7x/?utm_source=ig_web_copy_link&stkn=MzRlODBiNWFlZA==" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px !important; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);" >
Une commande particulière et une livraison à domicile
Le premier contact avec la cantatrice se fait autour d’une demande précise : trois polonaises de Chopin interprétées par le pianiste Cziffra. « Elle est venue me demander ça. Elle était emmitouflée dans un châle, elle habitait Georges-Mandel », raconte Hervé Vilard, évoquant le prestigieux quartier du 16e arrondissement où résidait alors la star.
Quelques temps plus tard, Maria Callas revient avec une autre requête, plus vaste : elle souhaite emporter des disques de musique française pour un voyage à New York. Le jeune vendeur se met alors en quête de titres représentatifs, compilant une sélection allant d’Alice Dona à Dalida, en passant par Sheila.
class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/Baj0x3zA8KO/?utm_source=ig_web_copy_link&stkn=MzRlODBiNWFlZA==" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px !important; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);" >
Satisfaite du service, la cantatrice ne s’arrête pas là. Elle téléphone quelques jours plus tard directement au magasin pour demander qu’Hervé Vilard lui livre en personne dix disques supplémentaires à son domicile, parmi lesquels des titres de Barbara. Une chanson qui, selon ses mots, l’aurait « beaucoup émue ».
Un généreux pourboire resté gravé dans sa mémoire
Cette livraison à domicile scelle une relation particulière entre le jeune disquaire et la star mondiale. « Et elle m’a donné un gros pourboire ! », se réjouit encore aujourd’hui Hervé Vilard, visiblement ému par ce souvenir plus de soixante ans après les faits.
Cette anecdote s’inscrit dans une longue liste de rencontres marquantes évoquées récemment par le chanteur, notamment chez Pascal Praud sur Europe 1. Il y racontait avoir côtoyé André Malraux et Pierre Mendès France lors de déjeuners chez Cordier, ou encore l’écrivain Jorge Luis Borges, à qui il lisait du Jean de La Fontaine en Argentine. « Ma vie est remplie de belles connaissances, et tous ces gens m’ont tendu la main », résume-t-il.
Il évoquait également sa proximité avec Dalida, qu’il considérait comme sa marraine et sa muse. « Elle m’a montré le chemin », confiait-il, avant de saluer au passage son ami Orlando, frère de la chanteuse, qu’il qualifie de « brave garçon ». Autant de rencontres qui témoignent d’un destin décidément peu banal, entre boutique de disques et scènes internationales.
Face à Pascal Praud, qui soulignait le grand écart entre le chanteur populaire de Capri, c’est fini et les cercles littéraires les plus exigeants, Hervé Vilard n’a d’ailleurs pas cherché à minimiser ce contraste. Il a évoqué sans détour son amitié avec l’écrivaine Marguerite Duras, figure intellectuelle de la rue Saint-Benoît, preuve que son parcours a toujours navigué entre deux mondes que tout semblait pourtant opposer.