Patrick Bruel, star de publicité : Topset, Lesieur, SNCF, les images de ces spots que vous aviez oublié

Patrick Bruel est aujourd’hui au cœur d’une actualité judiciaire lourde. Depuis les révélations de Mediapart en mars dernier, une trentaine de plaintes ont été recensées et trois enquêtes ouvertes contre lui pour agressions sexuelles et viols. Le chanteur, mis en examen, clame son innocence et a annulé sa tournée par souci d’apaisement.

Cette semaine, c’est lui qui riposte. Comme l’a révélé Le Parisien ce jeudi 10 septembre, Patrick Bruel a déposé plainte pour violation du secret de l’instruction. Et ce après la publication par plusieurs médias, dont Paris Match, d’extraits de son audition. Ses avocats dénoncent des propos « faussement attribués » à leur client. Une affaire grave, qui continue de diviser jusque dans le monde du spectacle. Patrick Sébastien a récemment pris sa défense, quand d’autres personnalités ont préféré soutenir les victimes.

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Loin de cette tourmente, il existe une autre image de Patrick Bruel : celle d’un jeune homme de vingt ans, encore inconnu, qui vend de la sauce et des cartes de train à la télévision. Retour sur ces publicités oubliées, tournées bien avant la Bruelmania.

Topset et la carte jeune SNCF : les débuts d’un ado pressé

Au tout début des années 1980, Patrick Bruel n’est encore qu’un jeune comédien parisien. Son visage traîne sur quelques plateaux et dans des spots publicitaires, pendant qu’il attend sa vraie chance : la musique. Sa première publicité connue le montre vantant les mérites de la barre chocolatée Topset, un « fastoche » resté gravé dans la mémoire de ses proches.

En 1983, il tourne pour la SNCF un spot resté culte, dédié à la carte de réduction destinée aux jeunes voyageurs. Entouré d’un groupe de jeunes sur une plage, Bruel y pousse carrément la chansonnette, sur l’air du tube Oh les filles : « Carte jeune, carte jeune, ça me facilite la vie ! » Une séquence si kitsch qu’elle a récemment fait rire ses propres amis Patrick Fiori et Ycare, venus la redécouvrir sur un plateau télé en 2024.

Sa mère, Augusta, reste alors peu rassurée par ces débuts fragiles. Pour la tranquilliser, le jeune homme décroche son bac et s’inscrit même à la fac, comme le racontait le documentaire Un jour, un destin de Laurent Delahousse, diffusé en 2017. Mais son ami Bertrand Lacy se souvient surtout d’un emploi du temps déjà dévoré par autre chose. « On avait bien d’autres choses à faire : les castings, les rendez-vous, les rencontres avec les réalisateurs, le théâtre… » dit-il.

Un autre proche, le réalisateur François Joubert, résume bien cet état d’esprit : « Il sait qu’il veut faire ça, il sait qu’il va y arriver. Les études, c’est annexe. » Sur les tournages publicitaires eux-mêmes, il balaie l’idée d’un simple gagne-pain. « Je pense que ça fait déjà partie d’un métier, c’est un métier d’acteur. Je pense qu’il aime ça. » Pour Bertrand Lacy, cette envie de réussir est « chevillée au corps » du jeune homme, bien avant que le grand public ne le découvre.

« Ça va, ça te plaît ? » : le spot Lesieur qui a marqué les esprits

Reste la publicité la plus iconique de cette période : celle tournée pour la marque d’huile Lesieur. Dans ce spot devenu culte, Patrick Bruel fait goûter une sauce cocktail à deux jeunes femmes, avec aplomb. Interrogé sur l’origine de sa recette, il lance, très sûr de lui : « La semaine dernière, j’étais dans les îles et j’ai pensé que ça vous amuserait. »

La réplique la plus reprise reste celle-ci, devenue presque un mème avant l’heure : « Ça va, ça te plaît ? » La jeune femme, conquise, répond sans hésiter : « J’ai l’impression d’être en croisière. » Une scène surannée, mais diablement efficace pour vendre de la sauce en bouteille à la France du début des années 1980.

Ces images ont longtemps dormi dans les archives, avant de refaire surface sur les réseaux sociaux et dans des émissions nostalgiques. Un contraste saisissant avec l’image du chanteur bourré de tubes qu’il deviendra deux ans plus tard.

De la réclame à la Bruelmania

Patrick Bruel est loin d’être seul dans ce cas. Avant de devenir des stars, Juliette Binoche a englouti des centaines de Chamallows pour une pub. Pareil pour Carla Bruni qui a posé pour des lave-linge et Mylène Farmer qui a vanté les mérites du Loto. Guillaume Canet et Alexandra Lamy, eux aussi, ont grappillé quelques secondes de pellicule publicitaire avant leurs premiers grands rôles. La publicité fait partie du passage obligé de toute une génération de futurs artistes français.

Pour Bruel, ce détour publicitaire prend fin en 1984. Il sort Marre de cette nana-là !, premier vrai succès qui ouvre la voie à des albums certifiés diamant. Les spots pour Topset, la SNCF ou Lesieur deviennent alors des souvenirs qu’on ressort pour rire entre amis. Une trace amusante d’une époque révolue, à des années-lumière de l’actualité judiciaire qui occupe aujourd’hui le chanteur.

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