Zinédine Zidane n’aura pas attendu longtemps avant d’imprimer sa marque à la tête des Bleus. Quatre jours après l’annonce de sa première liste, le nouveau sélectionneur a modifié plusieurs habitudes installées sous Didier Deschamps. À Clairefontaine, l’atmosphère, la communication et la manière d’accueillir les joueurs ont changé.
Des détails qui n’ont pas échappé à Jean-Louis Tourre, journaliste de RMC et membre de l’After Foot, qui voit dans ces premiers choix une rupture plus nette que prévu avec l’ancienne méthode : “Ce que j’ai noté depuis vendredi, c’est que Zidane – et je ne pensais pas qu’il le ferait à ce point – cultive l’anti-Deschamps”, analyse Jean-Louis Tourre. Il cite notamment la disparition du défilé lors de l’arrivée des joueurs. Les entrées à Clairefontaine se veulent sobres. Même changement lors de la présentation de la liste, où Zidane a choisi un ton plus direct. “Sur plein de détails, il entretient ce truc anti-Deschamps”, poursuit le journaliste, qui insiste sur cette différence de style plus que sur une opposition personnelle assumée.
Zidane a bouleversé les habitudes des Bleus
La conférence de presse du nouveau sélectionneur a marqué les observateurs. Jean-Louis Tourre souligne l’absence de phrases ambiguës ou de remarques susceptibles d’alimenter les interprétations. “Il a répondu avec le sourire à chaque question et surtout, il a répondu clairement”, note-t-il. Pour lui, Zidane assume ses choix sans chercher à brouiller les pistes.
Il cite notamment Andy Diouf, que l’ancien entraîneur du Real Madrid aimerait tester au poste d’arrière gauche. “Au moins, il a des convictions et il donne des réponses qu’on comprend”, estime le journaliste. L’un des changements les plus commentés concerne toutefois Kylian Mbappé. Zidane a appelé son capitaine pour évoquer son repositionnement sur le côté gauche, alors que cette option avait été moins utilisée ces dernières années avec les Bleus. Une décision qui bouleverse des repères tactiques autour de l’attaquant.
“Ça peut paraître sexy sur le papier mais…”
Mais Jean-Louis Tourre appelle déjà à la prudence : “Il faut faire attention à ce que l’anti-Deschamps ne soit pas que commercial.” Selon lui, ce choix peut séduire sur le papier sans garantir un meilleur équilibre collectif. Le journaliste rappelle que si Mbappé n’a pas occupé durablement ce rôle depuis deux ans, ce n’est pas un hasard. “Ça peut paraître sexy sur le papier mais il faudra voir comment il anime tout ça sur le terrain”, prévient-il.
Les premiers choix de Zidane seront donc jugés sur leur efficacité, pas uniquement sur leur capacité à rompre avec le passé. Pour l’instant, le nouveau sélectionneur semble surtout vouloir installer ses propres codes, jusque dans les détails de communication. Jean-Louis Tourre résume cette différence par deux personnalités très distinctes. Selon lui, Deschamps recherchait davantage la reconnaissance, tandis que Zidane bénéficie déjà d’un statut qui lui permet d’embarquer les joueurs et le public. Après quatorze années sous le même sélectionneur, cette sobriété nouvelle donne l’impression d’un changement brutal. Mais derrière le symbole, l’enjeu sera ailleurs : transformer ces nouvelles habitudes en résultats. Zidane a ouvert une nouvelle ère, et ses décisions autour de Mbappé constituent déjà l’un des premiers tests majeurs de son mandat.