Richard Orlinski : ses 500m2 dans le 16ème qui ont éveillé les soupçons du fisc

Une nouvelle perquisition a visé Richard Orlinski ce lundi 29 septembre 2026. Selon les informations d’Europe 1, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour blanchiment en bande organisée et abus de biens sociaux, confiée aux enquêteurs de l’Office central pour la grande délinquance financière.

Espèces, montres de luxe, documents comptables… La perquisition menée cet été au domicile parisien du sculpteur a permis de saisir près de 905 000 euros. Un déballage financier qui remet en lumière un autre sujet. Le train de vie très visible de l’artiste, symbolisé par son appartement de 500m² dans le 16e arrondissement de Paris.

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Une perquisition à près d’un million d’euros

L’enquête aurait démarré dans le sillage du démantèlement d’un réseau de blanchiment plus vaste. Un intermédiaire suspecté d’avoir fait transiter près de 185 millions d’euros via des sociétés éphémères aurait conduit les enquêteurs jusqu’aux sociétés de Richard Orlinski. Six années de comptabilité ont été épluchées.

Résultat : environ 5,5 millions d’euros de transferts directs ou indirects auraient été identifiés entre les structures de l’artiste et celles du blanchisseur présumé. Les enquêteurs s’intéressent aussi au rachat d’une SCI parisienne détenant des biens à Paris, Vincennes et Saint-Mandé, acquise selon eux à un prix jugé anormalement bas.

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La perquisition de l’été a visé six sociétés et le domicile du sculpteur. Vingt-cinq mille euros en liquide et douze montres de luxe, estimées à 880 000 euros, y ont été saisis. L’artiste conteste de son côté avoir perçu des espèces destinées à financer son quotidien.

Ce n’est pas une première pour Richard Orlinski. En 2019 déjà, le Parquet national financier avait ouvert une enquête sur son patrimoine, après les accusations d’un ancien collaborateur. En 2024, une autre enquête avait visé des soupçons de corruption liés à des œuvres offertes à la ville de Nice. Et notamment des statuettes remises à Christian Estrosi et les conditions dans lesquelles la métropole avait accueilli certaines de ses créations.

Aucune de ces procédures n’a débouché, à ce jour, sur une mise en examen. L’enquête en cours doit encore déterminer l’origine exacte des flux repérés dans les comptes de l’artiste.

500m2 dans le 16e : l’appartement qui a fait le buzz

Six mois avant cette perquisition, c’est un tout autre événement qui avait mis le sculpteur sous les projecteurs. En mars 2026, Richard Orlinski ouvrait les portes de son appartement haussmannien de 500m². Niché dans le très prisé 16e arrondissement, c’était à l’occasion d’une vidéo tournée pour La Maison Victoria.

Parquet point de Hongrie, murs blancs immaculés, œuvres accrochées un peu partout : le lieu ressemble à un véritable musée personnel. « J’adore ce qu’il fait », confiait l’artiste à propos du peintre Robert Combas, dont plusieurs toiles côtoient celles de Keith Haring et ses propres sculptures dans le salon.

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Le sculpteur, également DJ à ses heures, a installé une table de mixage dans son salon. Elle trône aux côtés d’un piano et de deux grands canapés gris. Une pièce entière est même consacrée au sport. Enfin, la chambre principale dévoile un dressing XXL et une impressionnante collection de baskets.

Cette exposition volontaire de son intérieur n’a pas fait l’unanimité. Sous la vidéo, les internautes se sont montrés partagés. Certains ont jugé l’endroit « totalement triste » et « froid », quand d’autres saluaient un homme « simple et abordable ». Quelques jours plus tard, l’artiste faisait aussi son entrée au musée Grévin. Il est entouré de Laurent Ruquier, Roselyne Bachelot ou encore Sylvie Tellier.

De la faillite au succès : le parcours d’un artiste-entrepreneur

Pour comprendre ce train de vie, il faut remonter à 1996. À 30 ans, après un burn-out dans l’immobilier, Richard Orlinski vend tout pour se consacrer à l’art. Sa première sculpture, un crocodile, lance la collection « Born Wild » et bâtit sa renommée mondiale.

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Le succès est fulgurant. Son best-seller, un gorille hurlant, se vend entre 2 500 euros et plusieurs centaines de milliers d’euros selon la taille. Paul McCartney, Harrison Ford, David Guetta ou Sharon Stone comptent parmi ses collectionneurs. Tout comme de nombreuses stars françaises de la téléréalité.

En 2019, l’artiste fonde avec sa fille Inès la société Orlinski, qui structure désormais l’essentiel de ses activités. L’ensemble générerait environ 100 millions d’euros par an, porté par des collaborations avec Puma, Hublot, Bic ou encore Lancôme. « Si Andy Warhol avait eu Instagram, il aurait été un dieu », aime plaisanter le sculpteur. Par conséquent, il est très actif auprès de ses millions d’abonnés.

Pour se faire une place, Richard Orlinski n’a pourtant pas hésité à casser les prix à ses débuts. « Je vendais mes œuvres moins cher que mon prix de revient. La première semaine, on a écoulé 20 sculptures à 990 euros », racontait-il. Et de revendiquer ce dumping comme un véritable coup de communication gratuit. Une stratégie assumée qui a payé, au point de faire de lui l’artiste contemporain français le plus vendu au monde.

Un empire businessman-artiste que la nouvelle enquête vient aujourd’hui questionner. Entre son appartement du 16e savamment mis en scène et les soupçons de blanchiment qui pèsent sur ses sociétés, Richard Orlinski devra une nouvelle fois s’expliquer sur l’origine exacte de sa fortune.

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