Il va falloir se serrer la ceinture. Dans un article publié par Le Monde ce vendredi 18 septembre 2026, Delphine Ernotte annonce que France Télévisions devra économiser 90 millions d’euros l’année prochaine. Un régime sec imposé par la baisse des dotations de l’État. “Je tire la sonnette d’alarme sur la sauvegarde de notre modèle culturel”, s’inquiète de la présidente du groupe.
Et de tirer la sonnette d’alarme : “Ce qui se dessine c’est que les plateformes étrangères consentiront bientôt les plus gros investissements dans la création française. Est-ce qu’on souhaite cette forme de vassalisation ? C’est-à-dire des séries et du cinéma décidés, financés, castés, écrits, conçus par les Américains ou les Chinois ?”. La grille des programmes de France Télévisions en pâtira certainement.
France Télévisions : un effort budgétaire aux conséquences drastiques
“L’effort total s’élèvera […] à 90 millions d’euros en 2027 pour France Télévisions”, insiste Delphine Ernotte. Des mesures drastiques s’imposent en interne. “Nous allons agir partout”, annonce la dirigeante. Nous allons continuer à renégocier les coûts des programmes et les droits sportifs“. En interne, on s’interroge notamment sur la reconduction des contrats de diffusion de grands événements, à l’instar de la Coupe de France de football.
“Après avoir ramené de 440 à 400 millions d’euros ses investissements dans la création audiovisuelle, France Télévisions pourrait devoir diminuer l’enveloppe à 380 millions d’euros en 2027”, indiquait une source au sein du groupe pas plus tard qu’hier. Mise devant le fait accompli, la dirigeante dans le viseur de Patrick Sébastien s’interroge : “Est-ce que l’on veut affaiblir cette industrie de la création, de liberté, qui emploie plus de monde que l’industrie automobile ? On a déjà externalisé l’acier, est-ce qu’on va externaliser la culture ? J’appelle à la vigilance collective“.
France Télévisions : cette mise au point nécessaire Delphine Ernotte suite à un scandale explosif
Dans cette même interview, nos confrères du Monde abordent le sujet qui fâche : la suppression du replay de La Grande Librairie avec Adèle Haenel. “Je comprends que la dépublication ait été mal interprétée, mais il ne s’agissait évidemment pas de censurer la parole. C’est une procédure courante, lorsqu’une polémique ou des saisines conduisent à nous interroger sur la maîtrise de notre antenne“, justifie Delphine Ernotte.
Et de concéder : “Nous n’avons pas suffisamment expliqué pourquoi nous l’avions fait. J’ai saisi notre comité d’éthique, car je veux une doctrine plus claire, opposable et explicable. Nos règles de dépublication seront rendues publiques dans les prochaines semaines pour qu’un tel débat ne se reproduise pas”. De son côté, Adèle Haenele estime que France Télévisions a fait “la démonstration parfaite de la pertinence des propos qui consistaient à dire qu’en fait il y a certains mots, certaines réalités que tout le monde sait et qui ne doivent surtout pas être dites”.