Avant de devenir l’une des voix de la droite étudiante sur les plateaux, Louise Montangon a longtemps penché très à gauche. Invitée d’Europe 1 ce dimanche 11 octobre, la Bordelaise de 22 ans, militante au Rassemblement national et à l’UNI, a raconté sans fard ses années de jeunesse engagée.
À l’époque, elle n’hésitait pas à s’en prendre à son grand frère, alors militaire, en tenant des propos très durs sur les policiers et les soldats. “C’était horrible”, reconnaît-elle aujourd’hui, en attribuant ces convictions passées à sa consommation exclusive des chaînes du service public.
"Des étudiants lobotomisés et écervelés" @louiselzeu au micro de @helene_roue #Europe1 pic.twitter.com/TWEXX1Ay7Y
— Europe 1 (@Europe1) October 11, 2026
“C’était horrible”, la jeunesse très à gauche de Louise Montangon
Face à Hélène Roué, qui l’interrogeait sur sa passion pour la politique, l’étudiante a d’abord raconté une enfance loin des grandes villes, avant ses quatre années d’études à Bordeaux. Originaire d’une petite campagne, elle a grandi sans télévision dans la cuisine, ses parents préférant discuter de l’actualité avec elle et son frère. “J’ai beaucoup lu quand j’étais petite, j’ai eu cette chance aussi”, ajoute-t-elle.
Pourtant, ses idées d’adolescente n’avaient rien à voir avec celles qu’elle défend désormais. “J’étais très à gauche, au plus grand désarroi de mon grand frère qui était militaire à ce moment-là et je lui balançais des horreurs sur les flics, sur les militaires”, confie Louise Montangon.
Comment explique-t-elle cet engagement de jeunesse ? Par ses habitudes de téléspectatrice, à l’en croire. “J’étais droguée au service public. Finalement, je ne regardais que ça”, assure-t-elle, avant de décrire l’état d’esprit qui l’animait alors. “Quand vous ne regardez que ça, vous êtes imprégné dedans et vous êtes persuadé que vous allez refaire le monde, que vous allez faire la révolution”, estime la jeune femme, qui lâche au passage, au sujet du leader insoumis : “Mélenchon, c’est vraiment une secte“.
Ses études l’ont ensuite menée à une licence de philosophie à Bordeaux Montaigne, puis à un master à Bordeaux Montesquieu, vite abandonné en raison de son engagement politique.
Une fiche de paie, un blocus et le grand basculement
Le déclic s’est produit au moment de son entrée à l’université, en deux temps. Il y a d’abord eu son premier bulletin de salaire. “Je reçois ma fiche de paye, je vois 2 000 et quelques, je me dis : ‘Trop bien, j’ai 2 000 €.’ Pas du tout. J’ai 1 700″, se souvient-elle. Un écart qui l’a poussée à s’interroger sur ce qu’elle reversait au service public, lequel, à ses yeux, “ne fonctionne pas”. Puis est venue l’arrivée à Bordeaux Montaigne. “Ça fait un peu rêver” quand on vient de la campagne, raconte-t-elle, avant de tomber de haut. “Vous tombez de 10 000 étages”, résume-t-elle.
Car c’est un blocage de sa faculté, en mars 2023, qui l’a définitivement fait changer de camp. Louise Montangon dit y avoir découvert des étudiants qu’elle qualifie de “complètement lobotomisés et écervelés”. “Je suis venue là pour avoir un vrai diplôme. Je suis venue là pour bosser”, martèle-t-elle.
Depuis, l’étudiante a figuré en cinquième position sur la liste RN aux dernières municipales à Bordeaux, selon 20 Minutes, et siège depuis décembre 2025 dans les instances de l’Université de Bordeaux comme élue étudiante de l’UNI. En avril dernier, elle avait même été auditionnée par la commission d’enquête du Sénat sur les universités. Elle multiplie aussi les passages télé. Le 6 octobre sur LCI, elle avait jugé “désastreux” le bilan de Gabriel Attal au ministère de l’Éducation. Une intervention qui lui a valu un bond de notoriété depuis.