À 72 ans, Antoine de Caunes n’a visiblement pas perdu son âme de contestataire. Invité de C à vous ce samedi 10 octobre sur France 5, l’animateur a pris fait et cause pour les lycéens mobilisés depuis la mi-septembre, au point d’annoncer qu’il comptait descendre manifester à leurs côtés.
Venu présenter son livre C’était Paris en 1970, il a confié devant Mohamed Bouhafsi que son propre fils, bachelier depuis quelques mois, battait le pavé au moment même de l’émission. De quoi le rendre heureux de cet engagement, mais aussi inquiet face aux heurts qui émaillent le mouvement, comme il l’a lui-même reconnu.
Antoine de Caunes aux côtés des lycéens
Interrogé sur la mobilisation qui secoue les lycées, Antoine de Caunes n’a pas hésité longtemps. “Moi, j’aurais 17 ans, je serais dans la rue aujourd’hui avec eux et je pense même que je vais les y rejoindre”, a-t-il lancé, avant de répéter la même promesse quelques instants plus tard. Loin de s’en alarmer, l’animateur s’en réjouit plutôt : “Ça me rassure. Ils ne sont pas tous devant des écrans à lobotomiser par les réseaux”.
Le compagnon de Daphné Roulier dit comprendre le “mal-être” de ces élèves, évoquant les absences de professeurs, mais aussi “le monde dans lequel ils arrivent”, jugé “extrêmement anxiogène” à cause du climat et de l’intelligence artificielle, appelée selon lui à “gommer plein de boulot”.
Surpris, Mohamed Bouhafsi lui a demandé s’il parlait sérieusement. Le principal intéressé lui a fait comprendre que oui. L’animateur entend en effet faire comme ces parents qui s’interposent face aux forces de l’ordre, “pour essayer de les protéger un peu”. “Oui, c’est là qu’il faut être en ce moment”, a assuré Antoine de Caunes. Le sujet le touche d’autant plus que son fils, qui a décroché son bac il y a quelques mois, défilait au même instant. “Il faut que je vérifie s’il est toujours dans la rue”, a-t-il glissé.
Un papa inquiet, fils d’une mère “pétroleuse”
Derrière l’enthousiasme pointe l’angoisse d’un père. “Oui, je suis inquiet pour lui, évidemment”, a reconnu l’animateur, qui s’en prend aux violences constatées en marge des cortèges. “Ça tabasse quand même assez fort. Ce sont des mômes. J’entends qu’il y a des agitateurs, des mecs qui viennent profiter du bordel ambiant, mais ils tapent des mômes“, a-t-il dénoncé.
Jeudi 8 octobre, 504 personnes avaient été interpellées et 48 policiers et gendarmes blessés lors des blocus, selon CNews. Parmi leurs revendications figurent des classes moins chargées et le remplacement des professeurs absents.
D’après un sondage Elabe pour BFMTV publié le 7 octobre, 72 % des Français jugent ces demandes légitimes. En face, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé 3 000 enseignants remplaçants pour plus de 500 lycées en difficulté, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu promet une réponse plus complète d’ici la fin du mois. Un nouvel acte est toutefois prévu ce mardi 13 octobre.
L’inquiétude parentale, Antoine de Caunes l’a d’ailleurs connue de l’autre côté. Quand il était adolescent, sa mère, l’ancienne speakerine et productrice Jacqueline Joubert, était “folle d’inquiétude” pour lui, se souvient-il. Interrogé sur la naissance du Mouvement de libération des femmes en 1970, l’année qui donne son titre à son ouvrage publié chez Tallandier, il a dressé d’elle un portrait de combattante. “Ma mère était une pétroleuse, comme on disait à l’époque, c’est-à-dire qu’elle ne se laissait pas faire du tout”, raconte-t-il, avant d’ajouter qu’“elle montait au créneau en permanence”.