Vingt-cinq ans après l’arrivée de Loft Story sur M6, Arthur a accepté de revenir sur les coulisses du lancement de l’émission. Invité du podcast Fracture, le producteur a raconté comment le concept de télé-réalité avait finalement réussi à s’imposer à la télévision française, malgré les nombreuses réticences suscitées par son principe. À l’époque, personne ne savait encore si ce format allait trouver son public.
L’histoire avait commencé à Cannes, lors d’une rencontre avec John de Mol, le producteur néerlandais à l’origine de Big Brother. Séduit par le concept, Arthur décide alors de travailler à son adaptation française. Mais le projet est loin de faire l’unanimité auprès des chaînes. “Entre le moment où j’ai pris cette cuite et le moment où c’est arrivé à l’antenne, on a travaillé comme des malades“, a raconté l’animateur et producteur.
Un lancement sous haute tension pour la première saison
Une fois le feu vert de M6 obtenu, une nouvelle difficulté se présente : faire connaître cette émission encore inconnue du grand public. En 2001, les réseaux sociaux n’existent pas et les équipes de production ne peuvent donc pas compter sur les mécanismes de viralité qui permettent aujourd’hui de faire circuler une séquence en quelques heures. Il faut alors trouver d’autres moyens pour attirer les regards sur le programme.
Le lancement de Loft Story intervient par ailleurs dans un climat particulièrement agité. Le concept d’enfermement, inspiré de Big Brother, alimente rapidement les discussions autour du voyeurisme et des limites de la télévision. Le 12 mai 2001, une manifestation est notamment organisée devant les locaux de M6 à Neuilly-sur-Seine. Des opposants au programme déversent alors des poubelles devant le siège de la chaîne et lancent des œufs, des tomates et des yaourts sur la façade. À l’époque, cette mobilisation est notamment revendiquée par le collectif “Souriez, vous êtes filmés“.
Arthur révèle l’envers du décor
Arthur a ainsi reconnu avoir eu recours à une opération de communication pour provoquer le fameux buzz autour de l’émission. L’idée était de faire intervenir des étudiants devant les locaux de M6. Ils devaient donner l’image d’une contestation particulièrement virulente contre le programme : “On peut le dire maintenant. M6, c’est des clients. Mais ils vont rigoler. À un moment, on avait payé des étudiants pour aller vider des poubelles devant M6 pour dire ‘télé poubelle !‘, pour faire parler du truc, tu vois !”
Mais l’opération ne s’est pas déroulée exactement comme prévu. Selon Arthur, certains participants auraient fini par aller beaucoup plus loin que ce qui avait été imaginé au départ. “On n’avait pas prévu que les mecs allaient casser des vitrines et tout, ils se sont emballés… Et ça a fait parler du truc. C’était ça !” Une mise en scène qui aurait donc dépassé les limites initialement fixées, tout en permettant à Loft Story de faire parler de lui.