Le 4 novembre 2024, Fadila Bouafia, mère de famille de 53 ans, disparaît après un week-end festif, sur les hauteurs de Biert, en Ariège, en pleine montagne. La disparition de Fadila Bouafia en Ariège s’est transformée en affaire criminelle, marquée par une hache, des ossements et une reconstitution annoncée sur le plateau des sorcières.
Amoureuse de la nature et de la cueillette aux champignons, cette restauratrice lyonnaise partageait sa vie entre Massat et Castres, où vit son compagnon. Face à elle, un ami, l’ex-militaire François Perez, principal suspect, nie toute violence, tandis que le mystère de Biert continue d’intriguer la justice.
Plateau des sorcières : la dernière matinée de Fadila Bouafia
Entre le 1er et le 3 novembre 2024, 80 personnes se sont retrouvées pour Halloween sur ce replat isolé au-dessus de Biert. Au lieu-dit La Croue, à Biert, François Perez vit en quasi-autarcie dans sa cabane, occupant ses journées entre consommation de drogue, balades à moto ou parties de pétanque dans le village.
Le matin du 4 novembre, la fête est terminée. Selon l’enquête, l’ancien militaire a pris cocaïne, cannabis, amphétamines et LSD, avec de l’alcool, quand une dispute éclate avec son amie. Se sentant en danger, Fadila appelle un proche et laisse un message : “François tu m’as frappée, ça suffit ! Je vais te tuer pour ça, tu vas mourir pour ça… Qu’est-ce que tu fais avec la hache ? Pose ta hache !“. Deux femmes disent avoir assisté à la scène, puis plus aucune trace de la quinquagénaire.
Hache, ossements, ADN : les preuves au cœur du mystère de Biert
Les messages ne sont écoutés que trois jours plus tard par leur destinataire, qui alerte les gendarmes, tout comme le compagnon de Fadila. Le 9 novembre 2024, François Perez est interpellé avec 300 € sur lui, mis en examen pour meurtre et placé en détention provisoire ; ses avocats affirment qu’il dit ne plus se souvenir de la dispute et avoir dormi après le week-end.
La hache découverte en montagne, deux mois après la disparition, n’a révélé aucune trace d’ADN appartenant à Fadila Bouafia. Au cours de l’instruction, des fragments d’os carbonisés sont retrouvés dans l’incinérateur domestique utilisé par Perez, devant sa cabane. Des ossements humains calcinés ont été découverts à proximité de la cabane de François Perez, principal suspect dans cette affaire. C’est en tout cas ce que démontrent les études de parentèle qui ont permis de mettre en évidence un lien biologique entre ces éléments pileux retrouvés et l’ADN d’un membre de la famille de Fadila.
Affaire sans corps : justice, défense et douleur des proches
À Toulouse, la chambre de l’instruction examine depuis le 21 mars 2026 une requête en nullité visant une enquête de personnalité d’une cinquantaine de pages sur François Perez. Plusieurs éléments figurent dans le dossier, notamment des messages téléphoniques évoquant des menaces de mort.
“Tous les éléments convergent vers cet homme qui ne donne pas la possibilité aux parties civiles de faire leur deuil“, estime Nicolas Raynaud de Lage. Le 13 octobre 2026, magistrats, enquêteurs et suspect doivent se retrouver sur le plateau des sorcières pour une mise en situation qui pourrait, espèrent les proches de Fadila, enfin éclairer le mystère de Biert.