Surya Bonaly traverse une épreuve terrible. Sa mère, Suzanne Bonaly, est décédée des suites d’un triple cancer, touchant le sein, le poumon et le sternum. Elle était hospitalisée en soins intensifs depuis plusieurs semaines, avant de succomber à la maladie ce 15 septembre 2026, a annoncé la Fédération française des sports de glace.
Fin juillet déjà, l’ancienne championne avait partagé son inquiétude sur les réseaux sociaux. « Toujours en soins intensifs, mais ça va un peu mieux aujourd’hui grâce à l’infirmière qui travaille sans relâche », avait-elle écrit. Un message d’espoir qui n’aura malheureusement pas suffi face à la maladie.
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Une mère devenue son entraîneuse
Ancienne professeure d’éducation physique, Suzanne Bonaly a joué un rôle central dans la carrière de sa fille adoptive. Bien plus qu’une simple mère, elle en devient l’entraîneuse, l’accompagnant dès l’enfance dans les moindres détails de sa préparation, sur la glace comme en dehors.
C’est elle qui pousse Didier Gailhaguet à accorder une heure de glace à sa fille lors d’un stage à Nice, en 1984. Un geste décisif : impressionné par l’acharnement de la jeune Surya, l’entraîneur lui propose alors de déménager à Paris pour s’entraîner toute l’année. La famille s’installe donc à Champigny-sur-Marne.
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Pendant six mois, la famille vit dans une camionnette, faute de logement stable. Philippe Candeloro se souvient de cette période marquante, évoquant les cinq chiens qui accompagnaient alors la famille. Une précarité assumée, au service d’un objectif unique : permettre à Surya de s’entraîner sans relâche, aux côtés d’une mère aussi exigeante que dévouée.
Un palmarès forgé dans la difficulté
Cette abnégation familiale porte rapidement ses fruits. Surya Bonaly devient l’une des plus grandes figures du patinage artistique français, avec cinq titres européens consécutifs entre 1991 et 1995, trois médailles d’argent aux championnats du monde et neuf titres de championne de France. Un palmarès unique, construit sous l’œil constant de sa mère.
Sa carrière reste aussi marquée par une audace technique inédite. Première patineuse à tenter des quadruples rotations en compétition, elle invente surtout un mouvement resté célèbre : le salto arrière jambes tendues, réceptionné sur un seul patin. Une figure si personnelle qu’elle porte désormais son nom, le « Bonaly », et qu’aucune autre patineuse n’a jamais osé reproduire depuis.
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Après l’annonce du décès, la Fédération française des sports de glace, présidée par Philippe Candeloro, a rendu un hommage appuyé à Suzanne Bonaly. L’organisme a salué sa place « essentielle dans la vie et dans le parcours exceptionnel de Surya », évoquant « les sacrifices, les joies, les combats et les immenses succès » partagés par la famille durant toutes ces années.
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Cette disparition survient alors que Surya Bonaly traverse elle-même une épreuve difficile, puisqu’elle suit actuellement un traitement contre un cancer du sein. La Fédération lui a adressé un message de soutien appuyé : « Toute la famille des sports de glace est à tes côtés et t’adresse son affection, son soutien et beaucoup de courage ».
De Champigny à Las Vegas, une reconversion réussie
Passée professionnelle juste après les Jeux olympiques de 1998 à Nagano, Surya Bonaly quitte alors la France pour s’installer à Las Vegas. Loin de la camionnette de Champigny-sur-Marne, elle y construit une seconde carrière, d’abord comme patineuse professionnelle, puis comme entraîneuse.
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Aujourd’hui installée durablement dans la ville du Nevada, elle continue de transmettre sa passion à de nouvelles générations de patineurs. Avant cette reconversion, elle avait multiplié les tournées internationales avec la troupe Champions on Ice, de 1993 à 2007, s’imposant comme l’une des patineuses professionnelles les plus demandées de sa génération.
Elle a également fait un retour remarqué à la télévision française début 2026, en tant que coach dans l’émission Les Apprentis Champions sur W9, aux côtés de son ami de toujours, Philippe Candeloro. Une reconnaissance tardive, mais méritée, pour celle qui avait aussi reçu la Légion d’honneur en 2019, des mains du maire de Nice, sa ville natale.
Un parcours qui, de la précarité normande à la reconnaissance internationale, doit énormément à sa mère. Malgré cette perte immense, et son propre combat contre la maladie, Surya Bonaly continue d’incarner, sur et en dehors de la glace, la même détermination qui l’a toujours caractérisée.
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