“Toutes ses dents du haut sont cassées” : le récit glaçant d’une mère après le tir policier qui a blessé son fils

Devant le lycée professionnel du Château d’Épluches, à Saint-Ouen-l’Aumône dans le Val-d’Oise, un tir policier a transformé un blocus lycéen en scène de cauchemar. Lundi 28 septembre 2026, vers 10 h 30, un adolescent a été touché au visage par un projectile tiré avec un lanceur Cougar, en plein mouvement lycéen.

Transporté en urgence à l’hôpital de Pontoise, le lycéen blessé souffre de graves atteintes à la bouche et de multiples dents cassées. Sa mère décrit des dégâts considérables, des dents du haut brisées en arc de cercle et une mâchoire inférieure dont l’état reste incertain. Elle annonce vouloir déposer plainte tandis que les autorités judiciaires se saisissent du dossier.

Tir policier devant le lycée de Saint-Ouen-l’Aumône : la chronologie

La matinée avait débuté dans un calme relatif devant le lycée professionnel du Château d’Épluches, où des élèves participaient à un blocus. Vers 10 h 30, des tensions surgissent entre manifestants et forces de l’ordre. Une vidéo montre l’adolescent très proche de policiers, puis un fonctionnaire épauler son lanceur Cougar avant que le projectile ne frappe le visage du mineur.

Les versions divergent sur les secondes qui ont précédé le tir. Une enseignante, citée par Le Parisien, affirme que le jeune filmait la scène, qu’il a été saisi puis frappé avant de se débattre. Le parquet de Pontoise, par la voix du procureur Guirec Le Bras, indique que le mineur serait venu au contact d’une policière et lui aurait porté des coups, avant d’être repoussé au sol puis atteint par le tir d’un second fonctionnaire.

« Il a la bouche défoncée » : à l’hôpital, la mère raconte son fils

À l’hôpital de Pontoise, la séquence filmée laisse place à un visage tuméfié. L’adolescent présente de graves blessures à la bouche, avec plusieurs dents arrachées ou brisées selon le parquet. Sa mère, effondrée, décrit l’état de son fils devant les journalistes : “Il a la bouche défoncée. Toutes ses dents du haut sont cassées, comme en arc de cercle. En bas, on ne sait même pas encore ce qu’il lui reste“.

La mère annonce qu’elle va déposer plainte pour ce tir policier au visage qui a grièvement blessé son fils devant son établissement scolaire. Sur les réseaux sociaux, une seconde vidéo tournée après les faits montre le jeune, la bouche en sang, exhibant ses dents manquantes. Ces images alimentent l’indignation de nombreux élèves et parents dans le Val-d’Oise, inquiets pour la sécurité autour des lycées.

Double enquête de l’IGPN et débat national sur l’usage du lanceur Cougar

Face à la gravité des blessures, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) est chargée de vérifier les circonstances et les conditions d’usage de l’arme. Les enquêteurs doivent analyser les vidéos, entendre les policiers présents, saisir le lanceur Cougar et préciser la distance du tir afin d’évaluer sa conformité avec la doctrine d’emploi des armes dites intermédiaires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu déclare : “Les élèves ont le droit à la sécurité. Les personnels ont droit à la protection. Les policiers ont droit au respect” tandis que les deux enquêtes ouvertes à Saint-Ouen-l’Aumône viennent seulement de débuter.

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