David Pujadas : les images de son « Wouah, génial ! » le 11 septembre 2001 qui ont fait scandale

David Pujadas a surpris tout le monde, ce mardi 16 septembre 2026, en craquant en direct sur LCI. Submergé par l’émotion après une chronique de Caroline Fourest sur la guerre à Gaza, l’animateur de 24H Pujadas s’est retrouvé incapable de parler, les yeux brillants. « Merci Caroline… et, à mardi prochain », a-t-il lâché, la voix nouée, avant de couper court à l’antenne.

Cette faille rare chez un journaliste réputé pour sa maîtrise ramène en mémoire un autre épisode, bien plus ancien et autrement plus embarrassant. En septembre 2001, quelques jours à peine après son arrivée à la tête du 20 heures de France 2, David Pujadas avait lâché un « Wouah, génial ! » devant les images des attentats du World Trade Center. Une phrase qui allait le poursuivre pendant des années.

Les images qui ont fait scandale

Le 11 septembre 2001, une équipe de Canal+ suit David Pujadas dans les coulisses de France 2, pour l’émission +Clair. La caméra le filme au moment où les premières images du World Trade Center touché arrivent sur les écrans de contrôle.

Devant ce qu’il croit être un simple incident, l’animateur, alors totalement inconnu du grand public, laisse échapper une phrase malheureuse. « Wouah, génial ! », s’exclame-t-il, pensant assister à un fait divers sans gravité. Un collègue renchérit même en comparant la scène au crash du Concorde, survenu l’année précédente.

Diffusées le 14 septembre par Canal+, ces images provoquent aussitôt un scandale. Le contraste entre la légèreté de la réaction et l’ampleur de la tragédie, qui fera près de trois mille morts, choque une partie du public. David Pujadas est contraint de présenter des excuses publiques, dans un climat de tension extrême pour le jeune présentateur.

Cette séquence, rediffusée à chaque anniversaire des attentats, reste aujourd’hui encore l’un des moments les plus commentés de sa carrière. Vingt-cinq ans après les faits, elle continue de ressurgir régulièrement dans les hommages consacrés à cette journée dramatique.

Ce jour-là pourtant, France 2 ne prend l’antenne en édition spéciale qu’à 15h33, soit une demi-heure après le second impact. Un retard que David Pujadas lui-même reconnaîtra bien plus tard, jugeant rétrospectivement la chaîne trop lente à mesurer l’ampleur de l’événement qui se jouait sous ses yeux.

Un accident pris pour une simple curiosité

Pour comprendre cette réaction, il faut se replacer dans le contexte de l’époque. Ce jour-là, David Pujadas vient tout juste d’arriver à France 2, après plusieurs années passées sur LCI. Il n’est encore présentateur du 20 heures que depuis une semaine.

« Je vois un petit filet de fumée, je pensais à un de ces petits avions de tourisme qui survolent New York », expliquait-il des années plus tard sur France Inter, revenant sur ce moment précis. Pour lui, à cet instant, rien ne laisse présager un drame d’une telle ampleur.

Le journaliste reconnaît volontiers avoir voulu jouer un rôle qui n’était pas le sien. « Je pensais que c’était l’un de ces petits avions de tourisme qui survolent Manhattan qui était entré dans la tour. Je ne cherche pas à excuser le jeune écervelé que j’étais à l’époque », confiait-il également, avec une lucidité amère sur son comportement de l’époque.

Tout bascule quelques minutes plus tard, lorsqu’un second avion percute la deuxième tour. « Quand j’arrive sur le plateau, je vois sur l’écran de contrôle qu’un deuxième avion est rentré dans les tours. C’est quand je suis en plateau que je comprends que c’est un acte criminel », racontait-il, décrivant une prise de conscience aussi brutale que tardive.

Vingt-cinq ans après, un souvenir toujours vif

À l’occasion du vingt-cinquième anniversaire des attentats, en septembre dernier, David Pujadas est revenu longuement sur cette journée qui a marqué sa carrière naissante, sur le plateau de C à vous. Un exercice de mémoire visiblement encore douloureux pour l’animateur.

« Je ne peux plus regarder ces images. C’est trop violent », confiait-il, évoquant l’effondrement des tours qu’il a dû commenter en direct, huit heures durant. Une pudeur rare chez un professionnel habitué à garder ses distances avec l’émotion.

Il détaillait aussi, dans un entretien pour France Inter, la bascule vécue au moment de l’écroulement des tours. « Au moment où les tours s’effondrent, je suis assailli par l’émotion, nous prenons la dimension du drame humain qui se joue sous nos yeux (…) En reparler m’émeut toujours », avait-il admis, révélant une fragilité persistante, plus de deux décennies après les faits.

Cette même fragilité, l’animateur l’a donc laissée transparaître à nouveau ce mardi, face à Caroline Fourest. Entre le « Wouah, génial ! » maladroit de 2001 et les larmes retenues de 2026, David Pujadas aura finalement traversé toute une carrière à composer avec l’émotion, tantôt refoulée, tantôt, désormais, assumée devant les caméras.

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