Quand il a appris que son ami souffrait d’un cancer, Yanis Marshall s’empressait de le prendre dans ses bras pour lui faire un câlin. Lui, en annonçant sa séropositivité, il a pu se rendre compte que des amis refusaient soudainement de boire dans son verre. Dans le podcast “En vrai” de Jeanne Baron, a accepté de revenir sur ce contraste brutal : la solidarité que suscite un cancer d’un côté, le rejet que provoque encore, aujourd’hui, le VIH de l’autre.
L’ancien professeur de danse de la Star Academy avait révélé sa séropositivité le 31 août dernier sur Instagram, avant la sortie prévue le 5 novembre de son livre Je vous conseille de ne pas le dire, aux éditions Leduc, où il aborde également les violences sexuelles dont il affirme avoir été victime. Face à Jeanne Baron, il détaille les conséquences concrètes de cette annonce sur ses relations, mais aussi les circonstances glaçantes dans lesquelles il a lui-même appris son diagnostic, des années plus tôt.
class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DdWjs5CtPue/?utm_source=ig_web_copy_link&stkn=MzRlODBiNWFlZA==" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px !important; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);" >
Un cancer console, une séropositivité isole
Yanis Marshall commence par raconter l’histoire d’un couple d’amis installés à Los Angeles, mariés depuis vingt ans. Lorsque l’un des deux lui annonce avoir un cancer, le principal intéressé réagit aussitôt : “Triste et tout, je le prends dans mes bras, ce qu’on fait souvent quand on apprend que quelqu’un a un cancer. On le réconforte, on lui fait un câlin.” Sachant Yanis Marshall séropositif depuis longtemps, son ami lui confie alors : “Toute ma vie, j’ai fait attention à ne pas être séropo. Toute ma vie, j’ai eu peur d’être séropositif. Et finalement, j’ai un cancer.” Il est aujourd’hui décédé de la maladie.
Le chorégraphe oppose à ce souvenir sa propre expérience, bien différente. “Moi, quand je dis que je suis séropo au début, on ne boit pas dans mon verre, on me bloque sur un truc, on ne veut pas sortir avec moi”, confie-t-il à Jeanne Baron la gorge nouée. Un double standard qu’il résume par une phrase, presque provocatrice : “Mais je suis en vie, moi.”
Le diagnostic de Yanis Marshall annoncé sur un répondeur
Autre passage marquant de l’entretien, les conditions dans lesquelles Yanis Marshall a découvert sa séropositivité. Pas de médecin, pas de rendez-vous en face à face, mais un simple message vocal laissé sur son répondeur : “Bonjour Monsieur Marshall, tous les résultats sont venus, tout est positif. Il faut aller en urgence à l’hôpital.” Point final.
Interrogé par Jeanne Baron sur cette méthode pour le moins expéditive, le chorégraphe précise le contexte : il s’était rendu faire ses tests sans passer d’abord par un médecin traitant, une démarche possible mais qui s’écarte du parcours habituel. Il n’en reste pas moins critique sur la manière dont l’annonce lui a été faite : “Je pense quand même que normalement, on aurait dû me faire venir au labo, me prendre en face, m’expliquer, puis surtout ne pas me laisser seul en m’apprenant ça. Et ce n’est pas ce qui s’est passé pour moi, en tout cas. On me laisse ça sur un répondeur.”