Un silence de plusieurs secondes et des larmes qui montent malgré lui. Ce mardi 16 septembre 2026, l’émission 24H Pujadas a offert un moment auquel nous ne sommes pas toujours habitués. Face à la journaliste et essayiste Caroline Fourest, David Pujadas s’est retrouvé incapable de prononcer un mot, submergé par l’émotion en plein direct sur LCI.
Une scène née d’un échange sur la chanson pro-israélienne de Boy George et sur la polarisation du débat autour du conflit à Gaza. Le présentateur, habituellement impassible derrière son bureau, a dû composer avec ses propres émotions devant les caméras, sous le regard bienveillant de son invitée.
▶️ « Il y a beaucoup d’émotion sur le plateau »
Les larmes de David Pujadas @DavidPujadas face à Caroline Fourest @CarolineFourest#24hPujadas #LCI #Artistes #Boycott #Palestine #Israël⤵️ pic.twitter.com/26aWkMvne6
— 24h Pujadas (@24hPujadas) September 16, 2026
La chronique de Caroline Fourest qui vire à l’émotion pure
Tout part du titre We Will Dance de Boy George, que Caroline Fourest confie écouter “beaucoup en ce moment”, saluant un artiste “courageux” qui “ne nie pas la souffrance des Palestiniens” mais refuse le mot “génocide”. François Lenglet l’interroge alors : “Qu’est-ce qu’on a raté pour que le débat soit cristallisé, violent à ce point ?” “Il est certain qu’à partir du moment où la riposte israélienne a été si massive et si meurtrière (…) il était certain que ce carnage allait générer une émotion légitime”, amorce-t-elle, avant de préciser : “Cette émotion-là, je la comprends et ce n’est pas elle que je combats.”
Spécialiste des Frères musulmans “dont le Hamas est issu”, elle affirme que l’organisation “a commis le 7 octobre exactement pour obtenir ce genre de réaction”, comparant la stratégie à celle d’Al-Qaïda le 11 septembre : “créer un événement traumatique qui va faire surréagir l’adversaire pour engendrer des morts qu’ils pourront exploiter.” Caroline Fourest dénonce ensuite la censure qu’elle dit subir en tant que journaliste, et une “gauche sectaire pro islamiste” qui aurait “exclu la gauche humaniste, laïque, voltairienne et camusienne”, citant les attaques contre François Ruffin et Raphaël Glucksmann. Son avertissement final glace le plateau : “Un jour, c’est vous qui serez traités d’islamophobes, de génocidaires et d’extrême droite (…) et peut-être un jour, ce sont vos enfants qui se feront tuer à cause de ces amalgames.”
“Merci Caroline…”, David Pujadas fend l’armure
Un silence de plusieurs secondes s’installe. Caroline Fourest se tourne alors vers David Pujadas en souriant, mais celui-ci reste muet, incapable de relancer l’émission comme à son habitude. C’est elle qui brise la glace, amusée et surprise à la fois : “Maintenant c’est David qui est ému. J’ai réussi à émouvoir David maintenant.” L’intéressé ne dément pas, es yeux brillants et le sourire accroché aux lèvres. Consciente d’avoir touché une corde sensible chez un professionnel réputé pour sa maîtrise de l’antenne, elle ajoute, un brin décontenancée : “Alors que quand on connaît l’immense professionnalisme qui est le tien et la façon dont tu sais tenir l’émotion à distance, je ne sais pas si je dois m’excuser ou te remercier.”
David Pujadas, la voix nouée, ne s’attarde pas davantage sur l’instant. En quelques mots, des trémolos perceptibles dans la voix, il referme l’antenne : “Merci Caroline… et, à mardi prochain.” Une sortie de plateau expéditive mais lourde de sens, à l’image d’un journaliste habituellement flegmatique, peu enclin à laisser transparaître ses émotions à l’antenne.