M. Pokora “n’a pas les épaules” : France Télévisions n’a pas voulu de lui et son projet de série sur Oradour

“Est-ce qu’il a les épaules ?” Telle est la question, selon M. Pokora, qui aurait circulé en interne chez France Télévisions au moment d’envisager Oradour, le projet de fiction qu’il portait sur le massacre d’Oradour-sur-Glane. 

Dans une interview exclusive accordée à Télé Star, le chanteur et comédien raconte que le service public n’a finalement pas suivi cette production en deux parties, aujourd’hui reprise par TF1. Une série que les téléspectateurs pourront découvrir le jeudi 24 septembre 2026, à 21h10, dans le cadre d’une soirée spéciale consacrée au devoir de mémoire. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un projet né en 2019, freiné par les doutes d’un diffuseur, puis porté à bout de bras jusqu’à l’écran.

France Télévisions a dit non, TF1 a dit oui

Tout commence en 2019, pendant le tournage du Premier Oublié, fiction consacrée à la maladie d’Alzheimer. “Quand j’ai vu que les audiences étaient au rendez-vous, que ça avait permis des campagnes de sensibilisation avec la Fondation pour la recherche médicale, je me suis dit ‘continuons avec des projets qui font sens’“, explique M. Pokora à Téléstar. Il propose alors à son producteur Thierry Saïd de travailler autour d’un fait historique français, et le nom d’Oradour-sur-Glane s’impose peu à peu.

Le chanteur présente d’abord son projet à France Télévisions. “On est pourtant presque dans une mission de service public ?”, lui fait remarquer Télé Star. “Peut-être qu’ils l’auraient fait avec un autre acteur ? Mais avec moi, ils se sont dit ‘est-ce qu’il a les épaules ?’“, répond-il, laissant entendre que son image de chanteur populaire aurait pesé dans la décision. C’est finalement après le téléfilm Menace sur Kermadec que TF1 donne son feu vert. “On a été rejoints par Mediawan à la production et TF1 nous a donné son feu vert”, précise-t-il. Selon TF1, le projet est officiellement porté par M. Pokora et Thierry Saïd depuis plusieurs années avant de se concrétiser en 2022.

Un tournage mémoriel pour M. Pokora, sous contraintes de production

La dimension personnelle du projet tient beaucoup à une rencontre. M. Pokora raconte avoir visité Oradour-sur-Glane aux côtés de Robert Hébras, dernier survivant du massacre, décédé en 2023 : “Pour sa petite-fille, Agathe, il s’était fait un devoir de raconter l’histoire de ce village martyr.” Le chanteur confie aussi sa propre méconnaissance initiale des faits : “Saviez-vous ce qui s’était passé le 10 juin 1944 dans ce village de la Haute-Vienne ? Non ! Et je me suis dit ‘est-ce que tu es inculte ?’ Mais en en parlant autour de moi, je me suis rendu compte que 80 % des gens n’avaient pas entendu parler de ce massacre !”

Le 10 juin 1944, 643 habitants d’Oradour-sur-Glane se faisaient assassiner par une division de Waffen-SS alors que le village se faisait incendier, dans ce qui reste le plus grand massacre de civils commis en France durant la Seconde Guerre mondiale. Le tournage n’a pas pu se dérouler sur les lieux mêmes du drame, protégés en tant que site mémoriel. “Il nous fallait un village que l’on puisse investir avec tout notre matériel, les camions d’époque, etc., sans que cela nous coûte 40 millions d’euros”, raconte M. Pokora. La production a finalement posé ses caméras en Belgique. 

À l’écran, le chanteur incarne Philippe Gerbier, un officier des Forces françaises libres, aux côtés de Caroline Anglade dans le rôle de Marie. La fiction, diffusée en deux volets de 45 minutes, sera suivie à 23h15 d’un documentaire signé Stanislas Kraland, qui donnera la parole aux derniers survivants et à leurs descendants. L’acteur espère désormais que cette soirée donnera envie aux téléspectateurs de découvrir Oradour-sur-Glane.

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