Le parquet de Paris s’empare du dossier. Teddy Riner l’a annoncé jeudi 24 septembre sur X : une enquête est ouverte pour injures publiques racistes et cyberharcèlement. Elle vise la vague de tweets, de publications, de commentaires et de messages haineux qui a circulé contre lui depuis sa prise de parole du 16 septembre.
Le judoka prévient qu’il ne laissera plus rien filer. En effet, chaque propos raciste ou haineux sera documenté, avec des suites judiciaires à la clé quand les faits le justifieront. Rappelons néanmoins qu’à l’heure actuelle, son message ne cite aucun auteur, et qu’une enquête ouverte ne désigne aucun coupable.
Suite à ma prise de parole du 16 septembre, de nombreux tweets, publications, commentaires et messages à caractère haineux ou raciste ont circulé sur les réseaux sociaux à mon encontre.
J’ai exprimé une inquiétude. Chacun est libre de la partager ou non. Le débat et la…
— Teddy Riner (@teddyriner) September 24, 2026
De C à vous au tweet, la mise en garde de Teddy Riner
L’annonce du jeudi prolonge une sortie très cadrée, deux jours plus tôt. Mardi 22 septembre, face à Anne-Élisabeth Lemoine, sur le plateau de C à vous, Teddy Riner a répondu aux attaques racistes qu’il affirme subir depuis plusieurs jours. Le champion olympique a d’abord posé sa ligne : “Dès qu’il y aura une ligne rouge, on m’entendra”, a-t-il prévenu. Il s’est ensuite présenté en père de deux enfants qui s’inquiète pour leur avenir et “qui voit une France que moi, je n’ai pas connue”. Celle d’avant, décrit-il, était soudée dans la difficulté : “Aujourd’hui, on essaye de nous diviser.” Citant Grand Corps Malade, il a jugé l’année cruciale, car on a “déjà dépassé les limites”. Puis il a regardé la caméra et lâché, avec un clin d’œil : “Sachez que tout ce qui est raciste, il y a des avocats pour ça.”
Ce jeudi, il est passé à l’écrit. Dans son tweet, il rappelle que “le débat et la contradiction sont légitimes”, mais que “la haine et le racisme ne le sont pas”. Il annonce que “le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une enquête”, et promet que chaque propos visé sera “documenté”, avant de remercier “toutes celles et ceux” qui lui ont écrit des messages de soutien. “Je continuerai à m’exprimer librement, avec respect et sans haine”, a-t-il finalement conclu.
Stade 2, Julien Odoul, Pascal Praud, l’origine de la tempête
Tout est parti de Stade 2 la quotidienne, sur France 2, le 16 septembre. Blessé à l’épaule, Teddy Riner y avait laissé le sport de côté pour parler de l’état du pays. “Moi, ce qui m’angoisse, c’est plus la tournure que prend le pays”, avait-il confié, en ajoutant que la situation faisait flipper même un sportif de haut niveau habitué à la pression. Relancé par le journaliste sur les “deux extrêmes”, il avait répondu en riant : “De l’extrême droite”. “Il faut appeler un chat un chat”, précisait-il par la suite.
Les réactions ont fusé. Sur X, le député du Rassemblement national Julien Odoul a lancé : “Pauvre biquet. Tout va bien se passer Teddy !” Le 17 septembre, Pascal Praud a consacré son édito de L’Heure des Pros, sur CNews et Europe 1, au judoka, dont il a mis en doute la sincérité du ton grave. Teddy Riner lui avait de son côté répondu par écrit qu’il ne s’exprimait ni pour donner des leçons ni pour diviser.
Sous ses publications, les avis se sont divisés. Un internaute a écrit : “Mdr pas avec un guadeloupéen les gars”. Un autre a jugé que “l’extrême gauche est plus dangereuse que l’extrême droite”. D’autres ont réclamé plus de retenue de sa part et évoqué un possible boycott. Sur RMC, David Douillet, ancien ministre des Sports, lui a aussi glissé un conseil : “on n’est jamais obligé de répondre à une question”.