L’image fait froid dans le dos : un compagnon parti faire un simple trajet, qui ne revient jamais. C’est autour de ce cauchemar intime que France 2 lance Les Évaporés, nouvelle série policière de six épisodes disponible sur France.tv depuis le 27 août 2026 et diffusée à l’antenne à partir du 9 septembre.
Portée par Alexia Barlier, révélée dans Sophie Cross et vue dans Les Petits Meurtres d’Agatha Christie, la fiction suit Esther Bazin, ex‑commandante de police dont le compagnon Mathias disparaît soudainement. Très vite, une question obsède les téléspectateurs : cette histoire de disparitions volontaires a‑t‑elle une part d’histoire vraie ?
Les Évaporés : Alexia Barlier face à ceux qui choisissent de disparaître
Dans Les Évaporés, Esther rejoint le GRDV, un groupe de recherche sur les disparitions volontaires, où elle fait équipe avec Douma et Frankie, deux bénévoles. Ensemble, ils traquent non pas des meurtriers, mais des adultes qui ont décidé de s’effacer, comme ces deux sœurs qui ne rentrent jamais d’un week‑end ou cette mère aimante qui s’évapore sans explication.
La série, produite par Louis Grangé, déjà derrière Les Invisibles, bouscule les codes du polar classique. “Ici, on ne cherche pas de coupable, on cherche une raison. On n’est pas sur des preuves matérielles, on est sur des fils émotionnels”, souligne le producteur Louis Grangé. Le jeu tout en retenue d’Alexia Barlier accentue ce mélange de rigueur policière et de fêlure intime.
Les Évaporés histoire vraie : la mise au point de Louis Grangé
Contrairement à ce que son réalisme pourrait laisser croire, Les Évaporés n’adapte pas un fait divers précis. Les affaires suivies par Esther, du cas de Mathias aux dossiers du GRDV, ont été entièrement inventées pour la télévision. Louis Grangé insiste sur ce point : “On aborde des thèmes que l’on peut retrouver dans des histoires de disparitions volontaires. On s’est énormément inspiré de la réalité et de témoignages, mais aucun des cas racontés n’est exactement celui d’une disparition volontaire”, précise Louis Grangé.
Le GRDV lui‑même n’existe pas en tant que tel. Ce groupe de bénévoles a été imaginé en s’inspirant de vraies associations qui épaulent les familles quand un proche majeur disparaît de son plein gré. Les scénaristes ont nourri leurs intrigues de reportages, d’articles et de récits de personnes parties “sans laisser d’adresse”, pour composer des histoires composites, plus concentrées et romanesques que les dossiers réels.
Quand Les Évaporés flirte avec l’histoire vraie des disparitions volontaires
Si la trame reste fictionnelle, le phénomène au cœur de Les Évaporés est, lui, très concret. En France, disparaître volontairement quand on est majeur et jugé apte n’est pas interdit par la loi. Depuis 2013 et la fin de la procédure de recherche dans l’intérêt des familles, la police n’enquête plus systématiquement en cas de départ sans signe inquiétant, au nom d’un droit à s’effacer.
Selon différentes estimations, entre 5 000 et 11 000 adultes choisiraient chaque année de partir ainsi, parfois pour fuir des dettes ou un échec professionnel, souvent, pour les femmes, afin d’échapper à des violences conjugales. Au Japon, ce phénomène a même un nom, les johatsu, et concernerait près de 100 000 personnes par an. Entre espoir de recommencer ailleurs et souffrance des proches laissés derrière, ce no man’s land émotionnel irrigue chacune des enquêtes menées par Esther Bazin et le GRDV à l’écran.