À la fin des années 1990, Patrick Bruel aurait réservé un numéro de téléphone à un usage bien particulier. C’est l’un des détails qui ressortent du long dossier que Paris Match a consacré au chanteur fin mai, que le magazine ELLE a mis en lumière et relayé par Cosmopolitan. Selon le journaliste Benjamin Locoge, l’interprète de Place des grands hommes aurait alors pris une seconde ligne, destinée en priorité aux femmes qu’il souhaitait approcher. Une révélation qui refait surface alors que le chanteur de 67 ans, visé par de nombreuses plaintes pour violences sexuelles, se trouve aujourd’hui mis en examen dans quatre dossiers. Une affaire pour laquelle l’artiste conteste l’ensemble des faits et reste présumé innocent.
Une “deuxième ligne de téléphone portable” à la fin des années 1990
L’anecdote tient en quelques lignes, mais elle n’est pas passée inaperçue. Dans le portrait signé Benjamin Locoge, le journaliste raconte comment le chanteur aurait voulu cloisonner les différents pans de sa vie. “Mieux séparer vie privée et vie professionnelle, il prend à cette époque une deuxième ligne de téléphone portable, destinée principalement à celles qu’il aimerait connaître de manière plus intime“, écrit-il, dans un passage repéré par ELLE.
Ce dossier paraissait à un moment où la pression montait déjà autour de l’artiste, avec des manifestations féministes réclamant l’annulation de ses concerts. Le 29 mai, sa société 14 Productions annonçait l’annulation ou le report de ses concerts et de ses passages en festival, “dans un souci d’apaisement et de responsabilité“. Dans ce communiqué, l’équipe du chanteur insistait sur le fait que Patrick Bruel restait “libre d’exercer son métier”, tout en évoquant des organisateurs qui auraient subi “des pressions”. “Nous ne souhaitons en aucun cas exposer ni les organisateurs, ni le public, à un climat de tension”, ajoutait le texte.
Mis en examen, Patrick Bruel conteste toujours les faits
Depuis, l’affaire a pris une tout autre dimension. Tout avait commencé le 18 mars, avec une enquête de Mediapart dans laquelle huit femmes accusaient le chanteur de violences sexuelles commises de 1992 à 2019. Les plaintes se sont ensuite multipliées, jusqu’à la garde à vue de Patrick Bruel, le 8 juin. Dans la foulée, il a été mis en examen dans quatre affaires distinctes pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel, et placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres dossiers, d’après franceinfo. Selon l’AFP, neuf plaintes supplémentaires pour d’autres violences sexuelles avaient été déposées ou annoncées depuis sa mise en examen, le parquet de Nanterre n’en ayant confirmé que deux à ce stade.
Le 2 septembre, le chanteur a renoncé à la tournée qu’il devait lancer en octobre, alors même que son contrôle judiciaire ne lui interdisait pas de monter sur scène. Karine Viseur, ex-attachée de presse belge qui l’accuse d’une tentative de viol à Bruxelles en 2010, a parlé de cette annulation comme d’“un soulagement”. Dernier épisode en date, le 16 septembre : la cour d’appel de Versailles a confirmé l’allègement de son contrôle judiciaire, qui l’autorise désormais à voyager à l’étranger, malgré l’appel du parquet de Nanterre. L’une de ses avocates, Me Céline Lasek, qui assure sa défense avec Me Fanny Colin, a dénoncé à cette occasion “un déferlement médiatique sans précédent et une pression sur la justice”, saluant le fait que celle-ci “n’y ait pas cédé”.