L’eurodéputé a été désigné dès le premier tour pour représenter la gauche sociale-démocrate dans la perspective de la présidentielle de 2027. Cette victoire intervient après plusieurs semaines de campagne marquées par des désaccords stratégiques et des échanges tendus avec l’ancienne ministre socialiste, qui avait contesté son expérience politique.
Raphaël Glucksmann largement en tête, Ségolène Royal distancée
Le verdict est tombé dimanche 11 octobre, à la clôture du premier tour de la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique. Raphaël Glucksmann s’impose avec 66,13 % des suffrages, devançant nettement Olivier Faure, crédité de 14,46 %. Ségolène Royal arrive en troisième position avec 7 % des voix. Derrière eux, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj recueillent chacun environ 6 % des suffrages, selon les résultats annoncés. Le scrutin devait initialement se dérouler les 9 et 10 octobre, mais son calendrier a été prolongé jusqu’au dimanche soir après une cyberattaque ayant ralenti les opérations de vote électronique.
Environ 140 000 personnes s’étaient inscrites pour départager les cinq candidats. Cette mobilisation a permis à l’eurodéputé de Place publique de s’imposer dès le premier tour, sans devoir affronter ses concurrents lors d’un second scrutin. Pour l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007, le résultat est particulièrement éloigné de celui de son rival. Elle défendait pourtant sa connaissance des institutions et son expérience des responsabilités publiques pour convaincre les électeurs.
Pourquoi Ségolène Royal avait attaqué son rival sur son inexpérience
Durant la campagne, l’ancienne ministre avait fait de l’expérience un argument central face à Raphaël Glucksmann. Dans un entretien accordé à Libération le 20 septembre, elle avait notamment contesté sa capacité à diriger le pays. “Pour diriger un pays, il faut déjà avoir un métier. Ou avoir dirigé ne serait-ce qu’une collectivité locale ou une structure étatique et obtenu des résultats concrets positifs”, avait-elle déclaré.
Elle avait également comparé l’éventuelle accession de son adversaire à l’Élysée à la nomination d’un débutant à la tête d’une entreprise. “Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d’une entreprise. C’est dangereux.” Pour défendre sa candidature, Ségolène Royal avait mis en avant ses responsabilités locales, nationales et internationales. Elle avait aussi reproché à l’eurodéputé une connaissance insuffisante des réalités vécues par les Français.
Deux visions différentes de la stratégie de la gauche
Au-delà des attaques personnelles, les deux candidats défendaient des approches distinctes pour préparer l’élection présidentielle de 2027. Ségolène Royal plaidait pour un rassemblement de la gauche dès le premier tour, avant un élargissement au second. Elle critiquait, à l’inverse, une stratégie consistant à chercher des voix au centre et à droite dès le début de la campagne, quitte à conclure ensuite des accords avec des candidats proches du macronisme. Selon elle, cette orientation risquait d’affaiblir le Parti socialiste et de favoriser le Rassemblement national.
Raphaël Glucksmann, de son côté, défendait une gauche sociale-démocrate clairement distincte de La France insoumise. Cette divergence stratégique l’opposait également au premier secrétaire du PS, Olivier Faure, favorable à une autre conception du rassemblement à gauche. La victoire de l’eurodéputé lui confère désormais le rôle de candidat désigné par cette primaire. Elle ne préjuge toutefois pas du résultat de la présidentielle de 2027.