Teddy Riner : son péché mignon ? Les Ferrari et les Rolls, jusqu’au redressement fiscal

Teddy Riner a fait parler de lui, ce jeudi 17 septembre, pour une raison inhabituelle. Sur le plateau de Stade 2, le quintuple champion olympique a exprimé son inquiétude face à la montée de l’extrême droite. Une déclaration qui a immédiatement suscité la riposte de Pascal Praud sur CNews.

Le journaliste a reproché au judoka de se donner une image vertueuse sans grand risque, l’accusant de tenir un discours convenu. Teddy Riner a répondu sans se démonter sur X, évoquant colère sociale, difficultés économiques et manque de perspectives pour la jeunesse. Un échange musclé qui relance l’attention sur une autre facette, plus discrète, de la vie du champion. Son rapport à l’argent et au fisc.

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Une sortie politique qui relance les projecteurs sur Riner

Interrogé sur son état d’esprit, Teddy Riner n’a pas évoqué la compétition. C’est la situation politique française qui l’occupe visiblement le plus, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027.

Le judoka a précisé viser spécifiquement l’extrême droite, refusant de tourner autour du pot. Une clarté qui n’a pas plu à Pascal Praud, qui a critiqué au passage le bilan du président Emmanuel Macron. Il a pointé d’autres sujets qu’il juge tout aussi préoccupants, comme la sécurité ou l’endettement du pays.

Sur les réseaux sociaux, l’athlète a insisté sur son attachement profond à la France et à ses valeurs républicaines. Il a assumé pleinement son droit à s’exprimer sur ces questions, quel que soit son parcours personnel. Et d’affirmer ne pas chercher la confrontation.

Cette prise de position n’est pas isolée. Depuis plusieurs mois, Teddy Riner nourrit des ambitions politiques affichées. « Si demain je rentre en politique, ce n’est pas pour avoir un poste de ministre (…) Pour moi le meilleur rôle, ce serait président », confiait-il récemment, une déclaration qui replace ses prises de parole sous un jour particulier.

Ferrari, Rolls-Royce : le péché mignon du judoka

Mais l’image de champion engagé du triple médaillé d’or olympique s’accompagne d’un autre dossier, nettement moins flatteur. En novembre 2025, la justice a révélé que Teddy Riner avait été condamné par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise pour « rémunérations et avantages occultes ».

Au cœur de l’affaire, sa société de location de véhicules de luxe, Pullman Limousine. Le fisc lui reprochait d’avoir utilisé à titre personnel deux voitures de cette société. Une Ferrari et une Rolls-Royce Wraith, garée non loin de son domicile de Levallois-Perret.

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Les contrats d’assurance étaient pourtant sans ambiguïté. Ils mentionnaient que le judoka était le « conducteur exclusif » des deux véhicules. Et qu’ils « n’ont d’ailleurs pas généré » de chiffre d’affaires en 2016 et 2017. Une situation que l’administration a jugée révélatrice d’un avantage en nature déguisé, plutôt que d’une activité commerciale réelle.

Pour sa défense, Teddy Riner a invoqué sa préparation intensive pour les Jeux de Rio et les Mondiaux de Budapest. Et d’ajouter qu’un ralentissement du marché du tourisme après les attentats de 2015 était aussi responsable. Des arguments jugés insuffisants par les magistrats, qui ont conclu à un manquement délibéré de la part du sportif.

Une défense rejetée par la justice

Le verdict est resté sans appel sur le fond. En plus du redressement, Teddy Riner a écopé d’une majoration de 40 % de l’impôt sur le revenu. Pour finir, il a eu droit à une révision à la hausse de sa contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.

Cette majoration, réservée aux cas de manquement délibéré, traduit la sévérité du jugement rendu par le tribunal. Loin d’une simple erreur comptable, l’administration fiscale a estimé que le montage reposait sur une intention claire d’échapper à l’impôt. Et ce, en maquillant un usage personnel en dépense professionnelle.

Cette affaire n’est pas la première fois que le judoka s’exprime publiquement sur la fiscalité. Dès 2013, alors concerné par le projet de taxe à 75 % sur les très hauts revenus, il avait dénoncé un « acharnement » dans les colonnes du Parisien. « 75 % d’impôts ! Comment on peut s’en sortir ? », s’était-il alors agacé sur le plateau de Stade 2, provoquant une vive polémique.

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Une contradiction qui n’échappe pas aux observateurs. En effet, entre un discours assumé sur les valeurs républicaines et une pratique fiscale personnelle jugée problématique par la justice. Teddy Riner dispose encore d’un recours possible devant la Cour de cassation pour contester cette décision.

En attendant, l’épisode illustre la complexité d’une image publique bâtie sur plusieurs décennies de succès sportifs et d’engagements financiers tous azimuts, entre marque de textile, investissements immobiliers au Maroc et société de location de luxe. Un péché mignon qui, cette fois, lui aura coûté bien plus cher qu’un simple ippon concédé sur le tatami.

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