Alors que les blocages de lycées se multiplient en Île-de-France dans le cadre de la mobilisation de ce mardi 29 septembre 2026, une équipe de BFMTV a été prise à partie à Saint-Denis. Les deux journalistes étaient présents depuis le début de la matinée pour couvrir le mouvement et recueillir les témoignages d’élèves et d’enseignants. Après plusieurs heures de tournage dans des conditions normales, la situation s’est brusquement tendue. Dans un communiqué, la chaîne a indiqué que “deux journalistes de la chaîne ont été pris à partie, molestés et insultés. Ils ont dû être exfiltrés pour des raisons de sécurité.”
La direction a assuré qu’elle continuerait malgré cet incident à couvrir l’actualité sur le terrain, tout en veillant à la sécurité de ses équipes. La Société des Journalistes de BFMTV a, elle aussi, dénoncé les faits. Elle explique que “l’équipe de BFMTV a pu faire son travail dans de bonnes conditions entre 6 et 10 heures du matin jusqu’à ce que des personnes décident soudainement de les insulter. Et de les agresser physiquement. Les poussant à quitter immédiatement les lieux“. La SDJ a condamné les violences verbales et physiques, tout en rappelant son attachement à la liberté d’informer.
Une vidéo relance les tensions autour de la présence de la chaîne
Quelques heures après les faits, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux est venue ajouter une nouvelle dimension à l’affaire. On y voit une lycéenne dénoncer la présence de BFMTV aux abords de son établissement et justifier le départ de l’équipe. Elle affirme notamment : “Aujourd’hui, on a viré BFM parce que BFM est un média raciste. On n’est pas une ville de racistes. On veut que tout le monde soit inclus dans la société française“. Cette séquence a ensuite été relayée sur X par Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, avec un commentaire particulièrement bref : “Elle a raison !“.
De son côté, Apolline de Malherbe a également apporté son soutien aux journalistes de la chaîne. En relayant le message de la SDJ, la journaliste a écrit : “Des journalistes, pris à parti, agressés, molestés. Jusqu’où, jusqu’à quand ??? #journalisme #démocratie“.
BFMTV confirme son dépôt de plainte après les violences
La direction de BFMTV a finalement confirmé son intention de donner une suite judiciaire à cette agression. Dans un message adressé aux salariés de la chaîne, Fabien Namias, directeur général de BFMTV, a dénoncé les violences visant les reporters et est également revenu sur la réaction du maire de Saint-Denis.
“Une de nos équipes de journalistes a de nouveau été ce matin prise à partie. Insultée et physiquement agressée alors qu’elle couvrait une manifestation de lycéens. C’est inacceptable, et au-delà de notre soutien sans faille à nos reporters, BFMTV va porter plainte. Un élu a jugé utile, sur ses réseaux sociaux, d’approuver cette violence. Aucune conviction, aucun engagement ne saurait justifier cette brutalité scandaleuse. BFMTV restera mobilisée sur tous les terrains, pour rapporter les faits, au service de l’information du public. En veillant à la sécurité de nos journalistes“, a-t-il écrit.